Organisée, samedi dernier à l’occasion de la Journée nationale de la Casbah, célébré le 23 février de chaque année, le Musée des arts traditionnels et populaires, situé dans la partie basse de l’antique citadelle, dans l’enceinte du célèbre palais Khadaoudj el amia, a accueilli une rencontre dédiée à «l’un des aspects» de l’histoire de la Casbah d’Alger, en l’occurrence l’apport ottoman, avec la participation de l’écrivain Mustapha Hassen-Bey.

Toutefois, le débat s’est vite orienté, sur la question plus actuelle de l’avancement des projets de «revitalisation» du vieux bâti notamment, confiés par les responsables de la wilaya d’Alger au bureau d’étude du célèbre architecte français Jean Nouvel, dans le cadre du partenariat avec la région Ile-de-France.
Lors de ce rendez-vous, tenu à l’initiative des éditions Casbah et de l’association des Amis de la Rampe Louni-Arezki, Lounis Aït-Aoudia, président de l’association, membre de la «sous-commission Casbah» de la wilaya d’Alger, explique qu’il siège aux côtés de trois autres structures, l’association Sauvons la Casbah, dirigée par Houria Bouhired, la Fondation Casbah et l’Association des propriétaires d’immeuble.
Il nous confie en marge de la rencontre que les projets étaient – selon lui – sur la bonne voie.
Un optimisme basé, explique-t-il, sur les résultats des fréquentes rencontres d’orientation entre les autorités chargées du dossier et les représentants de la société civile. «Nous nous réunissons régulièrement et en dépit de tout ce qui peut être dit, l’optimisme est de mise, l’espoir est réel». Ajoutant, par ailleurs, que le travail d’étude préliminaire était déjà en œuvre, «actuellement une équipe de l’Institut d’aménagement et d’urbanisme de Paris est sur le terrain à Alger». Le président de l’association des Amis de la Rampe Louni-Arezki déclare aussi que pour lui, « il est certain que ces travaux aboutiront. Je suis très optimiste pour la bonne raison que le projet est supervisé par la wilaya d’Alger et le ministère de la Culture».
Il a également rejeté les craintes notamment exprimées par des architectes quant à la «non-spécialisation» de l’architecte Jean Nouvel dans un projet tel que la restauration de la Casbah. «Jean Nouvel est un architecte de référence mondiale, certes dans une spécialité qui n’est pas celle de l’architecture de la Casbah, mais rien n’empêche qu’il réussisse», qu’il fasse appel à des spécialistes de la question, dira-t-il en substance, en estimant que «ce qui est sûr, c’est que nous ne pouvons pas anticiper les choses, nous verrons sur le terrain».
Quant à la question des délais de finalisation des restaurations des près de 200 maisons notamment qui avaient été placées en «degré rouge» par l’OGEBC, Lounis Aït Aoudia, et alors que les échafaudages de soutènement sont aujourd’hui de plus en plus nombreux dans les rues d’Alger, a également affiché un même optimisme en soulignant que «cela ne saurait tarder, peut-être avant deux ans. Il y a des projets qui avancent notamment à la citadelle. Mais il faut aussi savoir que le travail de restauration est particulier, même plus complexe qu’un projet de construction ». Il conclue en déclarant : « Les choses avancent bien. Les études ont été faites et les projets avancent, d’autant qu’ils ont été placés dans le cadre de l’aménagement de la baie d’Alger comme future mégapole aux horizons de 2035.»<