Le vendredi du 22 février continue de susciter des réactions de la classe politique et autres acteurs de la société civile. La mobilisation populaire pour un changement du système a capté l’attention. Après les différentes réactions des partis, samedi, c’est au tour de l’association Rassemblement action jeunesse (RAJ) et du Parti socialiste des travailleurs (PST) de réagir.
Le RAJ «lance un appel aux organisations de la société civile, aux dynamiques sociales, aux collectifs autonomes, aux partis politiques, aux étudiant(e)s et à tous les citoyennes et citoyens, jaloux de l’avenir du pays, pour soutenir, accompagner et organiser ce mouvement citoyen, populaire et pacifique afin de lui donner un prolongement dans la durée».
Dans un communiqué, l’association de jeunes estime que «le changement pacifique est possible». Pour le RAJ, ce mouvement est «une expression de la volonté citoyenne». « Plus que jamais, il est de notre devoir de conjuguer nos efforts, d’exprimer sans ambages notre solidarité et notre soutien à toutes les luttes pacifiques en faveur de l’avènement d’une nouvelle République, celle des libertés, des droits et de la justice sociale. Tel est notre défi à tous», écrit l’association qui fait écho aux milliers d’Algériennes et d’Algériens, «essentiellement des jeunes», sortis vendredi pour «exprimer leur ras-le-bol et réclamer haut et fort leur rejet du statu quo». Ces actions marquent, ajoute-t-on dans le communiqué, «un nouveau chapitre de luttes porteuses d’espoir» qui «s’ouvre pour le pays». D’où l’adhésion de RAJ à cette dynamique, qui salue une «formidable et extraordinaire mobilisation pacifique et l’esprit de maturité affiché par les marcheurs». Le RAJ interpelle les pouvoirs publics sur la nécessité de «garantir le droit à la liberté d’expression, de la libre manifestation et de protestation à Alger et au niveau national».
De son côté, le Parti socialiste des travailleurs (PST), dénonce ce qu’il qualifie d’«impensable tentative de passage en force du cinquième mandat», salue «la mobilisation populaire» où des milliers de manifestants ont «bravé l’interdiction de manifester». Ces actions expriment, avant tout, explique le parti dans une déclaration, «une soif de libertés, castrées durant plusieurs années de dérive monarchique, tout comme elles exigent la cessation de toutes les atteintes à nos libertés démocratiques».
Le PST critiquant l’attitude des partis de l’Alliance, ajoute : «Contrairement à la propagande des tenants du pouvoir, ces manifestations traduisent le rejet populaire de la continuité du régime et de ses institutions illégitimes issues des différentes mascarades électorales comme celle qu’il nous prépare pour le 18 Avril prochain.»
Le parti appelle les forces progressistes, politiques et sociales à «converger avec le mouvement pour construire ensemble un nouveau rapport de force politique permettant l’élection d’une assemblée constituante souveraine». Une assemblée constituante qui sera «représentative des aspirations démocratiques et sociales des travailleurs et des masses populaires». Pour le PST, trois leçons sont à tirer de ces manifestations. Il s’agit d’abord de «reconquérir nos libertés et nos droits démocratiques, stopper le désastre social engendré par les politiques libérales du régime» et, enfin, «de préserver la souveraineté nationale contre la soumission aux puissances étrangères qui soutiennent le régime et profitent de nos richesses nationales».