Le film du réalisateur rwandais Joël Karekezi, «The Mercy of the Jungle» (La miséricorde de la jungle), a ouvert, dans la soirée de dimanche dernier, la compétition, de la 26e édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision d’Ouagadougou (Fespaco), où l’Algérie est en lice pour l’Etalon d’or de Yennanga, avec le long métrage de Yasmine Chouikh «Jusqu’à la fin des temps».
Projeté dans la salle historique du Cinéma Burkina, «The Mercy of the Jungle» suit la dérive de deux soldats rwandais perdus dans la jungle lors de la deuxième guerre du Congo en 1998.
Plus qu’un film de guerre, il s’agit d’une réflexion sur l’absurdité de ce conflit terriblement meurtrier, comme de toutes les guerres, magnifiée par des images superbes de la jungle du Kivu. Conflits sans fin, où l’on peine à distinguer les alliés des ennemis, atrocités et massacres de civils, les guerres du Congo, nourries par les richesses minières de la région, ont fait plusieurs millions de morts de la fin des années 1990 au début des années 2000. Le réalisateur a tenu à expliquer, que «le message de ce film, c’est un message de paix» rapporte l’AFP. «Lorsque nous avons des conflits communautaires à l’intérieur d’un pays ou sur les frontières, les conséquences sont toujours dramatiques», estime le président burkinabè, Roch Marc Christian Kabore, présent à la projection, y voyant sans doute une résonnance avec la situation actuelle du Burkina.
A propos du doyen des rendez-vous cinématographiques africains, dans un entretien accordé à l’AFP, le président du comité d’organisation, Yacouba Traore, affirme que «Le Fespaco a besoin de rebondir». Il revient également sur la genèse du Fespaco, en soulignant qu’«il fallait un cadre pour promouvoir le cinéma africain», pour qu’il y ait enfin des images de l’Afrique par l’Afrique et pour l’Afrique», selon une formule historique. Mais au début presque personne n’y croyait. Il estime que le festival connaît toujours le succès auprès des cinéphiles africains, avec la présence de 10000 spectateurs.
Coopération culturelle bilatérale entre l’Algérie et le Burkina Faso
Par ailleurs, M. Azzedine Mihoubi, ministre de la Culture, qui dirige la délégation algérienne au 26e Fespaco, où l’Algérie est l’invitée spéciale, a été reçu dimanche, à Ouagadougou, par le président de la République du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a annoncé un communiqué du ministère de la Culture. Le ministre a exposé à son hôte, les grands axes des perspectives de coopération culturelle bilatérale en matière de formation, de patrimoine matériel et immatériel notamment.
Le président burkinabé a, pour sa part, remercié l’Algérie pour «le soutien et la solidarité agissante pour la réussite de cette édition du festival», réaffirmant la volonté de son pays de «renforcer davantage la coopération avec l’Algérie» dans tous les domaines, ajoute le communiqué.
Par ailleurs, M. Mihoubi a également exposé au président burkinabé l’expérience de l’Algérie en matière de lutte contre le terrorisme, de réconciliation nationale et de développement socio-économique des deux dernières décennies, affirmant que «l’Algérie est soucieuse de la stabilité et du développement, ainsi que de la promotion de la paix et du vivre ensemble dans la région», Il a aussi exprimé «la solidarité de l’Algérie avec le Burkina Faso, confronté depuis 2015 à la multiplication des actes terroristes».
Rappelons que 165 films de 16 pays africains concourent pendant les huit jours du festival, soit du 23 février au 2 mars, dans les différentes sections : courts métrages, documentaires, séries télé, films d’animation, ainsi que des films d’écoles africaines de cinéma. n