La totalité des fonctionnaires de police et de gendarmerie est mobilisée, depuis vendredi dernier, dans toutes les régions du pays, en particulier à Alger, où on assiste à un déploiement des brigades antiémeutes.
Les services de sécurité et de renseignements, ainsi que l’Armée redoutent «des débordements» lors des manifestations populaires qui se mènent dans plusieurs régions de l’Algérie. Aujourd’hui dès 10h, plusieurs centaines d’étudiants se rassembleront dans l’ensemble des campus pour exprimer leur point de vue politique.
Selon des sources sécuritaires, les autorités craignent que les rassemblements dégénèrent dans certaines grandes villes comme Alger, Constantine, Oran, Annaba, Ouargla et en Kabylie. Ainsi, «les services de sécurité sont mobilisés et maintiennent un niveau d’alerte à son maximum durant toute cette période», ont indiqué des sources.
«Dans le même cadre, des unités antiémeutes de la police ont été déployées autour des édifices publics et des infrastructures», ajoutent-elles, soulignant que «des instructions strictes ont été données aux agents de la police pour privilégier le dialogue et le self control avec les manifestants et éviter toute provocation».
La Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) aurait décidé «d’annuler conjoncturellement tous les congés pour les éléments de la police et des Renseignements généraux durant la période allant du 18 février au 28 avril, c’est-à-dire jusqu’à l’après-élection présidentielle du 18 avril». «Aussi les week-ends seront-ils réduits à une seule journée», est-il encore ajouté, précisant que les «mêmes mesures exceptionnelles ont été prises également par le Commandement de l’Armée nationale populaire (ANP), où les congés annuels ont été reportés à des dates ultérieures».
La DGSN a, d’ailleurs, mobilisé les unités antiémeutes de plusieurs wilayas, comme la 17e Unité républicaine de sécurité (URS) de Boudouaou (Boumerdès), ainsi que celle de Tizi Ouzou. Sans oublier le renfort local, à savoir la 8e unité des URS, positionnée dans la commune de Kouba à Alger. Une unité qui compte quelque 2 000 agents. Plusieurs hélicoptères survoleront la capitale et ses alentours. Ils sont équipés de caméras et signaleront à leurs contacts au sol tout incident ou dépassement. Toutes leurs images et vidéos seront visionnées et étudiées dans le but d’identifier tous les fauteurs de troubles. Par ailleurs, ces unités sont appuyés par des véhicules avec des canons à eau de la police, comme à l’accoutumée, mais aussi «blindés» afin de mieux contenir les foules et assurer la sécurité des lieux de pouvoir, comme le Palais présidentiel d’El Mouradia et l’Assemblée nationale populaire, mentionnés sur les réseaux sociaux comme des lieux de ralliement des manifestants. Pour rappel, depuis 2001, une interdiction de manifester empêche tout rassemblement dans la capitale, à quelques rares exceptions près.<