« Je sais qu’il y a du bien dans toutes les franges de notre société. Cette fois, je me tourne vers les jeunes, les étudiants, les futurs cadres de demain pour solliciter leur aide et leurs compétences ». Paroles sages, d’un homme qui l’est autant, le docteur
Ali Abdenour, président du comité de wilaya de Constantine du Croissant-Rouge algérien (C-RA).

Notre interlocuteur, toujours avec son bâton de pèlerin, s’est tourné vers l’université et quelques volontaires pour faire connaître « la recherche des personnes disparues » qui entre dans les activités de la cellule très active au sein du C-RA local, « le rétablissement des liens familiaux » (RLF), une cellule qui active à Constantine depuis 2004, et depuis 1998 au niveau de la capitale, mais qui reste inconnue, sans doute à cause d’une absence ou d’un manque de communication. Une lacune que le docteur Abdenour s’active à combler depuis son installation à la tête du Croissant-Rouge algérien constantinois. La RLF est une cellule de base traitée par deux chercheurs des deux sexes, « ce qui peut et que nous voulons consolider par l’injection de nouvelles forces, des volontaires, à même de nous permettre d’accomplir notre mission comme il se doit », ajoutera notre interlocuteur. Ladite cellule est raccordée à celle centrale au niveau du C-RA central à Alger, dont la mission consiste à lancer des recherches pour réconcilier, reconstituer un lien ombilical rompu, des personnes fâchées pour une raison ou une autre, ayant abouti à des fugues et/ou disparitions volontaires, ou non. En effet, des personnes en rupture avec des proches, s’adressent à la cellule du C-RA pour solliciter une médiation ou des recherches de l’être disparu.
Généralement, ces personnes évitent le recours à la police pour éviter les interrogatoires et les enquêtes qui risquent de bouleverser leur quotidien. « Nous sommes sollicités même pour retrouver des personnes ou de les remettre en contact avec leurs proches, à l’étranger », nous certifiera encore le docteur Abdenour. Et de poursuivre que « deux recherches positives ont couronné nos efforts en 2018 ». Restons derrière les frontières pour signaler que la responsable de la cellule au niveau central, présente lors du contact avec les étudiants, insiste sur le phénomène de la harga qui a pris un énorme chapitre dans la recherche des personnes disparues par le Croissant-Rouge algérien. « Il faut savoir que nos moyens sont limités, et de fait, nous nous limitons à une certaine catégorie de disparus. Comme par exemple les travailleurs émigrés des deux rives qui abandonnent parents et enfants pendant des années et décident, au crépuscule de leur vie, de renouer les liens familiaux, avec pour 2018 une quarantaine de retrouvailles pour toute l’Algérie», dira-t-elle encore.
L’intervention ne se limite pas uniquement aux Algériens puisque des Subsahariens ont été recueillis dans une embarcation de fortune à l’ouest du pays et ont passé cinq mois dans un camp d’aide, digne de la condition humaine, et où des contacts avec leurs familles, qui les croyaient morts, ont été établis. C’est dire que la mission bienfaitrice du C-RA ne se limite pas uniquement au gîte et aux couverts, au boulot et à la formation, mais elle est aussi faite d’humanisme désintéressé, toujours, et d’aide à des réconciliations pas aussi évidentes. n