Décidément, les craintes qui planent sur le déroulement et l’achèvement de la saison footballistique ne risquent pas d’être dissipées de sitôt. Alors qu’elle devait se tenir aujourd’hui, la rencontre de mise à jour (19e journée) entre le DRB Tadjenanet et le CR Belouizdad a été reportée par la Ligue de football professionnel (LFP) alors que « les matchs USM Alger – Paradou AC de Ligue 1 (23e journée), US Biskra – JSM Skikda et ASM Oran – RC Relizane de Ligue 2 (24e journée), fixées initialement pour vendredi 1er mars, sont décalés au samedi 2 mars »,pouvait-on lire sur le site de la LFP. Un chamboulement dicté, vous l’avez deviné, par un contexte sécuritaire tendu en Algérie.

En début de semaine, deux explications n’ont pas pu se dérouler pour des « raisons d’ordre public ». En effet, la Fédération algérienne de football (FAF) avait décidé de ne pas faire jouer le quart de finale «aller» de Coupe d’Algérie entre la JSM Béjaïa et le Paradou AC alors que la LFP avait décidé le report du duel MC Alger – MC Oran entrant dans le cadre de la 22e journée de Ligue 1 Mobilis fixé au samedi 23 février.
Dans nos colonnes, nous avions évoqué la possibilité. Celle de voir le calendrier des compétitions nationales subir une large revue.
Une éventualité dictée par un contexte politique de plus en plus tendu et des mouvements de foule incessants pour s’opposer à la candidature du président en exercice, Abdelaziz Bouteflika désireux de briguer un cinquième mandat.
Les enceintes footballistiques voient souvent les supporters lâcher des chants hostiles au gouvernement. Les officiels sont souvent cibles privilégiées des spectateurs. La grogne dans les stades risquait de déferler sur la rue après les matchs. Les responsables ont donc préféré anticiper un climat tendu et susceptible de faire de l’espace public un théâtre d’affrontements. Laisser les arènes du sport roi temporairement vides donne un peu de répit et évite les risques inutiles. Surtout que les appels anonymes aux manifestations s’accentuent sur les réseaux sociaux.
Course contre le temps et l’inconnu
Ces nouvelles décisions de la structure chargée de gérer le championnat avec ces deux paliers professionnels réduit, de plus en plus, la marge de manœuvre pour ce qui est de l’agenda footballistique. Ce dernier deviendra, de plus en plus, difficile à établir au fur et à mesure que les jours passent et la date butoir, initialement fixée au 19 mai prochain, approche. Avec les données actuelles et un climat imprévisible, cette deadline pourrait être dépassée.
Les reports pourraient vite s’empiler pour la LFP ainsi que la FAF pour ce qui est de la Coupe d’Algérie. En tout cas, jour de manif’, il n’est pas question de faire jouer des rencontres. C’est pour cela que les oppositions USM Alger – Paradou AC de Ligue 1 (23e journée), US Biskra – JSM Skikda et ASM Oran – RC Relizane de Ligue 2 (24e journée), fixées initialement pour vendredi 1er mars, se joueront 24 heures plus tard. Et la deuxième date restera toujours conditionnelle et tiendra compte de l’évolution de la situation.
En tout et pour tout, il reste huit journées (soit 64 matchs plus les 4 de mise à jour en instance) à placer dans une grille de programmation s’amincissant au fil des jours. D’autant plus qu’il y aura la Coupe d’Afrique des nations 2019 prévue en Egypte (21 juin – 19 juillet) et le mois sacré de Ramadan à partir de la 2e dizaine de mai à prendre en considération. Un régime qui met au supplice les organismes chargés de gérer le sport à onze en Algérie. Il sera très compliqué d’aller au bout des 30 journées de l’exercice 2018-2019 et jusqu’à la finale de l’épreuve populaire dans laquelle 11 matchs restent à disputer.
In fine, notons qu’à l’heure où nous mettions sous presse, il était question de reporter la rencontre devant opposer l’USM El-Harrach au RC Kouba en Ligue 2 Mobilis devant se tenir aujourd’hui. Une autre décision qui pourrait engendrer le bâclage de la fin de la saison avec tous les enjeux qu’elle peut renfermer entre maintien et accession.<