Lors de son intervention devant l’APN, le Premier ministre a avancé une série de chiffres pour mesurer l’ampleur des transformations opérées dans le pays dans l’intervalle 2014- 2018. Des chiffres qui parlent d’eux-mêmes ! Ils témoignent de l’effort consenti par le pays dans de nombreux domaines.

Il a ainsi affirmé que les cinq dernières années ont été « riches en réalisations ». Dans le domaine économique, l’investissement a bénéficié de facilitations supplémentaires, notamment à travers la décentralisation des procédures, une offre plus grande du foncier industriel, d’importantes mesures de défiscalisation et de bonification des crédits bancaires, ainsi que le soutien aux exportations hors hydrocarbures. Au chapitre des réalisations physiques, dans l’ensemble, le bilan est positif, en dépit du choc pétrolier apparu en 2014 et qui a réduit de 70% les revenus extérieurs du pays. Le bilan fait état notamment de 1,2 million de logements livrés, de 1,6 million de foyers raccordés au gaz naturel et près de 2 millions de foyers raccordés à l’énergie électrique, de 8 barrages réalisés, alors que le réseau routier s’est accru de plus de 3 500 kms auquel s’ajoute le réseau ferroviaire qui a enregistré la construction et la modernisation de plus de 1 000 km, et la réalisation de nombreuses infrastructures portuaires, aéroportuaires et de transport urbain. Le Premier ministre a mis en avant l’apport de l’ANDI, soulignant que celle-ci a enregistré plus de 26 000 projets d’un montant supérieur à 8 000 milliards DA, que l’investissement agricole a totalisé 67 000 projets soutenus par les fonds publics avec un montant de 351 milliards DA. Dans le domaine de l’entreprise, les importants avantages incitatifs concédés au niveau fiscal et parafiscal ainsi que les crédits bonifiés, ont permis de créer des dizaines de milliers d’investissements notamment nationaux de tailles diverses. Ouyahia a également relevé que les partenaires étrangers font aussi « de plus en plus confiance à la stabilité politique et juridique du pays », se traduisant par la multiplication des grands projets mixtes. En outre, des dizaines de projets d’investissements des expatriés algériens sont traités par l’Agence nationale de développement de l’investissement. Il a par ailleurs indiqué que l’ouverture d’une banque algérienne en France sera concrétisée en 2019. Le Premier ministre remonte le temps et estime que ces vingt dernières années auront connu une « véritable renaissance nationale », soulignant que les réalisations physiques des vingt dernières années sont le fruit d’une « véritable entreprise de reconstruction nationale » d’un pays mis à genou par une grave crise économique, mais aussi terriblement frappé par une tragédie nationale sanglante.
Et une croissance de 4%
Rappelant qu’en 1999, l’Algérie croulait sous un endettement extérieur de plus de 30 milliards de dollars, il a indiqué que c’est la continuité qui a permis de rembourser par anticipation plus de 25 milliards de dollars de cette dette, de mettre un terme au recours à l’endettement extérieur, de mener une gestion prudente des réserves de change et de constituer une importante épargne du Trésor. Ce sont ces différentes mesures qui ont permis à notre pays, at-il ajouté, de faire face au récent choc pétrolier. Revenant au recul du prix du pétrole, le Premier ministre a rappelé que la chute des cours du brut en 1986 avait coûté à l’Algérie l’arrêt du processus de développement, un endettement extérieur étouffant et un ajustement structurel douloureux. L’Algérie a traversé le choc pétrolier avec ses propres ressources financières en préservant son indépendance de décision économique, a-t-il affirmé. Durant ces deux dernières années, le pays a, a-t-il dit, poursuivi les réformes pour l’amélioration de l’environnement financier et de l’investissement. Citant les progrès enregistrés dans le domaine économique, il a relevé que l’agriculture a connu un taux de croissance proche de 9%. Pour autant, la facture alimentaire n’a pas réellement baissé. Le pays continue de puiser dans ses réserves en devises pour nourrir sa population. Les chiffres ne reflètent pas la réalité du secteur. Quant à l’industrie, il a soutenu que ce secteur arrive à satisfaire la demande nationale dans plusieurs filières et même à accroître ses exportations hors hydrocarbures. Le problème est que la valeur ajoutée des produits industriels exportés reste marginale, le gros de la matière première étant importé. Ouyahia a également estimé que la croissance économique a été « robuste », se rapprochant de 4% en 2018 hors des hydrocarbures. Cette croissance est toutefois le fruit des dépenses publiques. Encore une fois, l’Etat continue à tout faire pour pérenniser le développement économique, alors qu’il devait passer la main au privé et préserver le capital public.
Evoquant le secteur des hydrocarbures, il a soutenu qu’il est en phase de mise à niveau et qu’il dispose d’un « avenir prometteur » grâce à sa future législation révisée, à l’exploration des ressources non conventionnelles et au développement de la pétrochimie. Le Premier ministre a, en outre, indiqué que les transferts sociaux représentent plus de 1 500 milliards DA/an, alors que le taux de chômage s’est stabilisé à 11% malgré l’importance des nouvelles demandes d’emplois. Abordant la communauté nationale à l’étranger, le Premier ministre a rappelé qu’elle bénéficie de mesures nouvelles décidées par le président de la République il y a une année. Ainsi, concernant la diaspora algérienne, il a indiqué que 21 000 dossiers ont déjà été traités pour l’accès au logement promotionnel, alors que plus de 900 dossiers ont été finalisés pour le bénéfice de micro-crédits en faveur des jeunes. n