Classée dans le top des pays gros importateurs de poudre de lait, l’Algérie paye une facture annuelle de quelque 1,3 milliard de dollars pour approvisionner le marché local en cette matière. Toutefois, 60% de cette facture sont dus aux importations effectuées par les opérateurs privés, a tenu à préciser hier le directeur général de l’Office national interprofessionnel du lait (Onil), Mourad Alim.
«A l’heure actuelle, nous sommes à une moyenne de 600 millions de dollars d’importation par an, pour quelque 200 tonnes de poudre de lait», a indiqué M. Alim sur les ondes de la Radio nationale. «On parle souvent d’une facture de 1,5 milliard, mais il faut savoir que 60% de cette facture sont dus aux importations des opérateurs privés», précisera-t-il, ajoutant que ces 60% «vont directement vers les dérivés du lait».
Interrogé sur la stratégie que le gouvernement pourrait mettre en place pour réduire la facture des importations de la poudre de lait et alléger ainsi la charge sur les dépenses de l’Etat, le premier responsable de l’Onil a rappelé que «plusieurs mesures incitatives ont été mises en place pour renforcer la production locale de lait cru», citant les primes de 12 DA le litre livré par l’éleveur, 5 DA pour le collecteur, 6 DA pour les laiteries qui n’utilisent que le lait cru et 4 DA pour celles utilisant de la poudre de lait. M. Alim a, par ailleurs, rappelé l’installation, le 12 février courant du Conseil national interprofessionnel du lait, dont la mission est de gérer la filière avec les différents intervenants que sont les producteurs, les collecteurs et les laiteries pour densifier la production de lait intra-muros. Il s’agira «d’appliquer les divers programmes visant à libérer le pays de cette lourde dépendance», a-t-il expliqué. Dans cette optique, le Conseil surveillera les travaux de construction des laiteries de grande taille dans le sud du pays, là où, a-t-il soutenu, «il existe une disponibilité de terre et d’eau permettant des tailles d’élevage de l’ordre de 200 à 2 000 vaches laitières». A noter que l’Algérie dispose actuellement d’environ 800 000 vaches laitières, dont la production complémentaire et couverte par les 200 000 tonnes de poudre de lait importés. En plus de ces aides, l’invité de la Chaîne III ajoute qu’en amont, les pouvoirs publics débloqueront des financements destinés à la construction d’étables et à l’acquisition de systèmes d’irrigation réservés à la production massive de fourrages.
Concernant le projet d’amélioration de l’emballage de lait, en optant pour le Tetra Pak, qui semble peiner à se réaliser, le même responsable s’est dit convaincu que «le Tetra Pak ne peut pas être là rapidement, parce qu’il y a déjà un effort considérable que l’Etat est en train de faire, assurer un sachet de lait à 25 DA. Et si on venait à ajouter la boîte de Tetra Pak, qui coûte, au bas mot, 24 DA, quel serait le prix du litre de lait cédé au consommateur ?», s’est-t-il interrogé. En plus du lait de vache, l’Algérie produit du lait de chamelle et de chèvre. En 2017, sur une production globale de 3,6 milliards de litres de lait cru, le lait de vache a atteint 2,7 milliards de litres (76%) contre près de 850 millions de litres (24%) représentant le lait de chamelle et de chèvre, a fait savoir Mourad Alim.