Alors que deux Clasicos – demain en Coupe du Roi et samedi en Liga – vont rythmer cette semaine en Espagne, le comportement de Gareth Bale est encore pointé du doigt. Le Gallois n’a pas voulu célébrer son but contre Levante (1-2). Et son manque d’intégration au Real refait polémique. L’affaire de trop ?
Il devait être l’un des grands artisans de l’ère post-Cristiano au Real Madrid. Mais ce sont encore des incompréhensions et des déceptions qui sont au rendez-vous. Aujourd’hui, une impression s’impose : Gareth Bale n’a jamais vraiment trouvé sa place dans la capitale espagnole. Cinq saisons sont passées depuis son retentissant transfert pour 101 millions d’euros – le plus cher du football mondial à l’époque -, quatre Ligues des champions ou encore une Liga ont été ajoutées au palmarès des Merengue et le Gallois a signé quelques buts déterminants. Pourtant, ce n’est toujours pas le grand amour.
Depuis dimanche, un nouvel épisode fait jaser. Buteur sur penalty contre Levante (2-1), Gareth Bale n’a pas célébré son but, repoussant même Lucas Vazquez sans ménagement. «Ce sont des élucubrations de votre part, a tenté Santiago Solari, son entraîneur à l’issue de la rencontre. Il était ravi dans le vestiaire parce qu’il a marqué. D’ailleurs, j’ai adoré la manière dont Gareth est entré dans le match et sa hargne pour jouer les minutes dont il a disposées. Son match m’a semblé fantastique. (…) Et puis d’ailleurs, les joueurs peuvent fêter leurs buts comme ils le souhaitent, tant qu’ils marquent.» Une sortie en mode extincteur pour éteindre la polémique. Mais qui ne la calmera pas.
Marcelo et Courtois l’ont affiché
Les raisons de la colère de Bale ne sont cependant pas connues. Est-ce lié à un agacement d’être juste remplaçant pour la troisième fois de rang en Liga, depuis l’éclosion de Vinicius Junior et surtout de Lucas Vázquez sur le côté droit ? C’est possible. Mais cette frustration exposée au grand jour peut surtout s’expliquer par ses rapports pas vraiment idylliques avec le reste du vestiaire des champions d’Europe. Ces dernières semaines, Bale a ainsi été la cible de plusieurs de ses coéquipiers qui n’ont pas hésité à pointer son manque d’intégration.
Dans une déclaration un peu maladroite mais loin d’être anodine, Marcelo a d’abord illustré ce souci rencontré avec le Gallois. Le latéral gauche évoquait le vide qu’il a ressenti après le départ de Cristiano Ronaldo et Kiko Casilla. Et une anecdote sur Bale a fait les choux gras de la presse. «J’avais de bonnes relations avec Cristiano, c’est normal d’être triste. Dans le vestiaire, j’étais aussi toujours avec Kiko (ndlr : Casilla), et maintenant je n’ai personne à côté. Or de l’autre côté, j’ai Gareth Bale qui ne parle qu’anglais alors je lui dis : ‘Hello, hi, good wine’». Et en début de semaine passée, Thibaut Courtois en a remis une couche. «L’autre fois, nous avions un souper avec le noyau entier. Mais Bale et Kroos ne sont pas venus. Ils ont estimé que le souper était trop tardif», a lancé le portier dans le quotidien néerlandophone
Het Laatste Nieuws.
Ses blessures et ses performances n’arrangent rien
Ces propos illustrent bien le problème Bale au Real. L’ailier au chignon ne semble pas vraiment faire les efforts pour se fondre dans le vestiaire madrilène et pour s’adapter à son pays d’accueil. C’est même un doux euphémisme de l’écrire. Sa pratique hésitante de l’espagnol après cinq ans au Real a ainsi de quoi intriguer sur son envie de s’impliquer. Et peut expliquer des rapports compliqués avec certains cadres du vestiaire, où le Gallois est surnommé le «Golfeur» pour son obsession pour le golf comme l’a aussi révélé Courtois. Pour ne rien arranger, ses blessures à répétition, plus de 20 depuis son arrivée dans la péninsule ibérique, frustrent les supporters du Real et agacent de nombreux observateurs. Certains lui reprochent même de ne pas réussir à dépasser la douleur. Un autre malentendu entre l’ailier de 29 ans et l’Espagne.
Le terrain ne l’aide pas forcément à faire oublier ces frustrations. Avec 13 buts en 31 matches toutes compétitions confondues cette saison et de nombreux matches débutés sur le banc, Gareth Bale ne répond pas aux espoirs de le voir se muer en successeur de Ronaldo. Pire, toute cette histoire sur son manque d’intégration pourrait être le point de non-retour pour l’ancien chouchou de Tottenham. Alors que deux clasicos sont au programme de la semaine espagnole – mercredi en Coupe du Roi et samedi en Liga -, cette polémique n’arrive, en effet clairement pas au meilleur moment. Les questions sur son avenir vont forcément revenir sur la table et parasiter la préparation de ces chocs pour le Real. Bale connaît cependant la seule solution pour stopper le tout pendant quelques jours : marquer face au Barça. Même si cette affaire pourrait bien avoir sonné l’heure du changement l’été prochain.