Le café littéraire et philosophique de Tizi Ouzou, qui a, depuis sa création, accueilli des personnalités du monde de la littérature, de la société civile et des idées, fête son huitième anniversaire ce week-end. Une rencontre réunira, le samedi 2 mars à partir de 14h au café-restaurant Aminel (7, boulevard Stiti, Tizi Ouzou.
En face de la Société Générale), deux auteures qui «parleront des fêlures, des blessures et de l’arrachement qu’elles ont subi durant leur enfance», écrit Amirouche Malek, gérant des Ets Emev, organisateur de ce café littéraire. Il s’agit de Khadidja Djama et Djamila Abdelli-Labiod. La première, Khadidja Djama, présentera son ouvrage «Rescapée du conflit algéro-marocain», paru aux éditions Achab, dans lequel elle raconte, selon le communiqué, «le sort subi par sa famille, expulsée du Maroc vers le village natal de son père, en Kabylie, suite au conflit algéro-marocain». Il est question, dans cet ouvrage, du départ et de l’arrivée, de la vie qui reprend ses droits, mais aussi d’un «vécu douloureux».
Animatrice à la Chaîne II de la Radio algérienne et docteur d’Etat en sociologie, Khadidja Djama reviendra, lors de la rencontre, sur un épisode marquant de son existence qu’elle a transformé en œuvre littéraire. L’autre invitée de ce café littéraire, Djamila Abdelli-Labiod, est auteur d’une œuvre fortement autobiographique intitulée «La réglisse de mon enfance», parue aux éditions Medias Index. A travers le personnage de Lina, arrachée à son milieu naturel, le roman pose des questions en lien avec l’identité et les rapports humains et sociaux. «On ne guérit jamais de son enfance !». «Ces deux récits montrent bien les parcours combien difficiles de nos auteures. Elles ont fini par opposer la résilience pour faire face à la grande difficulté qui leur a été imposée, pour rebondir par la suite. Elles ont choisi de mettre des mots qui guérissent les maux», selon Amirouche Malek. Et d’ajouter : «L’écriture s’avère être une catharsis pour panser les blessures enfouies».
Ce n’est donc pas un hasard si les deux auteures ont été choisies pour cette rencontre. R. C.