En perspective de la deuxième table ronde prévue en Suisse au mois de mars prochain et qui regroupera les deux parties en conflit et les pays voisins, l’émissaire des Nations unies pour le Sahara occidental, Horst Köhler, et le Front Polisario devraient se rencontrer début mars dans la capitale allemande, Berlin.

La rencontre prévue la première semaine de mars s’inscrit dans le cadre des consultations bilatérales que l’ancien président allemand compte tenir avec les parties au conflit – le Front Polisario et le Maroc – et les pays voisins pour préparer la deuxième table ronde. Si l’ordre du jour n’a pas été encore communiqué, il n’en demeure pas moins que la rencontre ne manque pas d’importance dans le sens où le processus de négociations entre les deux parties en conflits a été relancé récemment. Il faut souligner, dans ce sens, que M. Köhler a organisé en décembre dernier une première table ronde après six ans de blocage des négociations sur le statut du Sahara occidental.
La dernière fois où le Front Polisario et le Maroc se sont installés à la même table de négociations remonte à mars 2012 à Manhasset (près de New York). Depuis cette échéance, le processus de résolution du conflit n’a pas évolué. L’émissaire onusien s’est montré très optimiste à l’issue de cette réunion, assurant qu’« une solution pacifique au Sahara occidental était possible ».
Il reste, cependant, des obstacles à surmonter pour remettre définitivement le processus de paix sur les rails à l’instar des offres de mesures de confiance que le Maroc a rejetées lors de la réunion de Genève. La partie marocaine a répondu négativement à l’offre du Front Polisario de libérer les détenus politiques, d’autoriser les observateurs des droits de l’Homme à se rendre dans les territoires occupés et de cesser le pillage des ressources naturelles sahraouies. Le Front Polisario a considéré ce rejet comme un signe de «manque d’intérêt à faire avancer le processus».
L’émissaire onusien dispose d’un large soutien au Conseil de sécurité pour mettre en œuvre des mesures de confiance portant entre autres sur le déminage et réunion des familles séparées, a révélé l’ambassadeur allemand à l’ONU, Christoph Heusgen. Au demeurant, les parties au conflit sont mises sous pression pour faire avancer le processus de l’ONU avant l’expiration du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental (Minurso) le 30 avril 2019. Les Etats-Unis, porte-plume des résolutions sur le Sahara occidental ont déclaré fin octobre à l’issue de l’adoption de la résolution prorogeant le mandat de la Minurso qu’il ne pouvait plus y avoir de statut au Sahara occidental et que les parties au conflit doivent rester attachés aux négociations jusqu’à l’aboutissement du processus politique. Son ambassadeur adjoint auprès de l’ONU, Jonathan Cohen, avait alors affirmé que « le Conseil de sécurité devrait apporter son soutien à l’envoyé personnel Köhler dans ses efforts pour parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permettra l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ». Pour le même responsable, « la prorogation de six mois témoigne de notre détermination de voir les négociations progresser rapidement, de bonne foi et sans conditions préalables, et énonce également clairement que le Conseil de sécurité ne laissera pas le Sahara occidental et la Minurso retomber dans l’oubli ».<