L’hygiène publique laisse toujours à désirer dans la wilaya de Tipasa et beaucoup reste à faire, c’est du moins le constat fait par le wali Mohamed Bouchema qui l’a reconnu lors de la dernière session du conseil de wilaya consacrée au dossier de l’environnement.

Le rapport présenté par l’inspecteur général qui pilote et fait le suivi des opérations et autres campagnes de volontariat d’enlèvement des ordures fait le même constat, à savoir que celles-ci se suivent et se ressemblent étant donné que le résultat est, malheureusement toujours le même, c’est à dire éphémère. Selon le bilan présenté par l’inspection, pas moins de 87 grandes opérations ont été organisées qui ont permis d’enlever 8000 tonnes de déchets et autres gravats. Toutefois, ces efforts sont contrariés par les opérations de démolition de l’habitat précaire qui crée, à son tour, des amas de pierres et de gravats dont il est difficile de se débarrasser en l’absence de décharge pour déchets inertes. Celles qui existent à Ahmer El Ain et Attatba sont déjà saturées. Exceptées une ou deux communes qui se distinguent dont celle de Hadjret Ennouss qui tient le haut du pavé, de gros efforts doivent être faits au quotidien, dira le wali, pour en finir avec ce casse-tête de l’hygiène publique tout en appelant les élus à rembourser l’EPIC « Tipasa Propreté » qui enregistre 77 milliards de centimes de créances.
Ces dernières années, les responsables de la wilaya ont lancé les sempiternelles campagnes, à grand coup de publicité et de tapage en mobilisant tous azimuts, mais le résultat n’est visible qu’au moment où au lendemain de celles-ci, car les problèmes restent éphémères en raison du manque d’organisation des services chargés de l’hygiène publique et les réflexes inciviques des citoyens qui se vengent sur eux mêmes en jetant, à même le sol et toutes les heures, leurs déchets .
La première chose dans laquelle devrait investir les responsables des collectivités locales est de mettre des bennes à ordures partout et en particulier dans les cités qui en sont dépourvues et de procéder à leur nettoyage à l’aide de karchers et pourquoi pas installer en certains points des bacs de tri sélectif une opération repoussée à plus tard car demandant plus d’efforts et de suivi afin de mettre fin à la saturation des CET.
Au niveau de la commune de Tipasa, la vitrine de la wilaya, beaucoup reste à faire et l’arrivée d’un nouveau chef de daïra avait laissé entrevoir un espoir pour prendre la situation en main mais il fallait compter sans les mauvaises habitudes et mauvais reflexes et comme dit l’adage on chasse le naturel il revient au galop. La défaillance des responsables de la commune dont l’incompétence est avérée devait être comblée par la création d’une EPIC à qui a été confiée cette mission, mais qui ne semble pas donner les résultats escomptés.
La création de l’EPIC « Tipasa Propreté » qui est une solution pour régler la question de l’hygiène publique et le casse tête de la gestion des déchets ménagers, ne suffit, hélas, pas car elle semble manquer d’organisation et d’un plan judicieux d’intervention.
L’établissement public à caractère industriel et commercial (Epic) a été créé par la wilaya de Tipasa en 2015 pour s’occuper de l’hygiène, de l’éclairage public et des espaces verts.
Le directeur de cet EPIC Smaïl Kara, installé par le Conseil de l’administration présidé par le wali, avait comme objectif de remédier à la détérioration de la situation environnementale dans nombre de zones urbaines et rurales, où il est constaté une prolifération des décharges anarchiques et une dégradation des espaces verts. Depuis son déploiement au niveau des trois communes qui ont signé des conventions avec l’EPIC, nous avons constaté, après plusieurs entretiens avec les jeunes de l’EPIC, qu’ils sont livrés à eux mêmes et agissent souvent sans plan d’action, ni organisation et, par conséquent, de manière aléatoire d’où l’absence de résultats.
La preuve la plus flagrante était l’arrachage des lauriers qui longeaient l’allée menant du rond point de l’entrée est de la ville de Tipasa à la cité administrative qui avaient atteint deux mètres de haut en deux ans, alors qu’ils étaient en pleine floraison et embellissaient la route pour les remplacer par des thuyas éparpillés.
La plantation des lauriers était, à notre humble avis, une excellente idée car demandant peu d’eau et d’entretien sans compter que leurs fleurs, qui durent longtemps, apportent un plus à l’embellissement de la cité.
Pourquoi arracher des arbres pour les remplacer par des plans rabougris qui vont mettre longtemps à se développer alors qu’ils auraient pu se développer en même temps. Nous avons posé la question aux jeunes qui opéraient dans la zone qui n’ont pas compris notre remarque « incongrue» mais ont fini par reconnaitre qu’ils croyaient bien faire. Les pouvoirs publics, croyant que le problème de la gestion des déchets était seulement matériel, comme le clament si haut et si fort tous les élus, ont été généreux en distribuant du matériel mais, apparemment, la solution est à chercher ailleurs.
Il faut rappeler qu’en 2015, pas moins de 12 communes (sur les 28 que compte la wilaya de Tipasa) ont bénéficié de bennes tasseuses et de tracteurs avec remorque et de 10 cribleuses de sable avec une instruction ferme à savoir être sans complaisance sur la nécessité de veiller à l’hygiène publique qui doit être pérenne.
Les moyens mis à la disposition des collectivités locales, qui se sont souvent plaintes de déficit en moyens humains et matériels, doivent être utilisés à bon escient et concrétisés par des résultats sur le terrain car la situation n’est guère réjouissante dans une wilaya qui se targe d’une vocation touristique. n