Donald Trump récidive. Et le marché pétrolier vacille. Les cours du Brut chutaient, hier, fortement alors que le président américain Donald Trump a repris ses attaques contre l’Opep. Le président américain se plaignait de cours qui « montent trop » et demande à l’Organisation de se « calmer » sur ses baisses de production.
« Les prix du pétrole montent trop. L’Opep, s’il vous plaît (…) gardez votre calme. Le monde ne peut pas encaisser une hausse des prix trop fragile ! », a réclamé Donald Trump sur Twitter. Comme à l’accoutumée, il suffisait d’un message du Président du premier consommateur mondial de Brut et désormais premier producteur mondial, pour que le marché chavire et renoue avec ses tendance baissières. Comme ce fut le cas en début octobre 2018, alors que les cours étaient bien solides, quand bien même l’Opep avait révisé en juin de la même année ses accords de décembre 2016, Donald Trump envoie un tweet et les cours perdent près de 40% de leur valeur d’octobre à fin décembre 2018. C’est le même scénario qui s’est produit, hier, sur le marché, où les cours s’inscrivaient en début de séance à l’équilibre, mais ont aussitôt flanché conséquemment à un énième tweet du président américain. Vers 12h50 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril valait 66,06 dollars à Londres, en baisse de 1,19 dollar par rapport à la clôture de vendredi. A New York, le baril de WTI américain pour la même échéance perdait 1,09 cents à 56,17 dollars. Ce n’est pas la première fois que le président américain Donald Trump décoche des flèches à l’adresse de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole. Par le passé, à maintes reprises, Donald Trump avait déjà critiqué l’Opep pour ses efforts de maintenir les prix de l’or noir à un prix élevé. Un conflit suivi de près par le marché, alors que des parlementaires américains ont récemment ravivé le projet d’une loi anti-Opep aux Etats-Unis. Depuis décembre, l’Opep et ses partenaires, dont la Russie, limitent volontairement leurs productions selon des objectifs qui ont été abaissés début décembre, une mesure qui a participé à la remontée des prix depuis le début de l’année. Les cours ont ainsi atteint leurs plus hauts en trois mois vendredi, à 67,73 dollars pour le Brent et à 57,81 dollars pour le WTI. Cette remontée des prix est la combinaison de plusieurs facteurs, dont les sanctions des Etats-Unis contre le Venezuela, les efforts de l’Opep pour réduire l’offre mondiale, et la possibilité d’une fin au conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis. L’impasse politique au Venezuela pesait sur le marché, étant donné que le pays est le plus riche en réserves mondiales de Brut ; la baisse de sa production a mis le marché à rude épreuve étant donné que le pays est le premier pourvoyeur des raffineurs mondiaux en Brut lourd. Les Etats-Unis ont déjà imposé des sanctions contre la compagnie pétrolière nationale PDVSA qui empêchent le Brut vénézuélien d’être exporté vers les raffineries du golfe du Mexique. Outre les prises de position de Donald Trump par rapport aux mesures de l’Opep et ses alliés, l’Organisation devra faire face désormais aussi à une production américaine qui carbure à toute allure ; les Etats-Unis ont atteint un niveau record de 12 millions de barils par jour, selon les données publiées par l’Agence américaine de l’Energie (EIA) jeudi. Le raffineur mondial Vitol a prévu, dimanche, que le marché pourrait se rééquilibrer vers le second semestre de cette année, mais avertissait sur une offre américaine qui revenait au galop. Goldman Sachs a néanmoins tenté de minimiser l’euphorie du marché de ces derniers jours et rappelle que la construction de nouveaux oléoducs devrait permettre à l’abondante production de pétrole de schiste du bassin de Permian (Texas, Etats-Unis) d’être plus facilement exportée. De quoi alimenter davantage les excédents de production qui minent le marché.