Le Fonds national de l’investissement (FNI) essaie de faire montre d’un bon usage de l’argent produit par la planche à billets en allouant des crédits à Air Algérie. Il a déjà été d’un grand secours à la Caisse nationale de retraite (CNR). Le FNI a, en effet, été autorisé à financer l’achat de neuf avions au profit de la compagnie nationale. Cette dernière est en train d’élaborer un appel d’offres international pour les acquérir. Toutefois, le Fonds n’a pas été aussi généreux que prévu, puisque Air Algérie, qui voulait acheter vingt avions pour renouveler sa flotte vieillissante, n’a reçu qu’un financement partiel couvrant les frais de neuf appareils. Ce n’est pas suffisant, mais c’est tout de même une bouffée d’air frais pour l’entreprise. Ce crédit, dont la valeur varie de 2,2 à 2,5 milliards de dollars, a été obtenu à des conditions meilleures que celles des marchés, remboursable sur vingt ans. La compagnie se prépare à la modernisation de ses équipements mais, également, de la gestion de ses ressources humaines, notamment après la période de flottement qu’elle a connue suite aux grèves des contrôleurs aériens et des techniciens de la maintenance. Il est temps de le faire, dans un monde de l’aviation civile où la concurrence est féroce. L’entreprise dispose d’une flotte dont l’âge commence à peser. Sur les 28 appareils ayant plus de 14 ans, Air Algérie dispose de 7 Boeing 737-800 en exploitation depuis 18 et 19 ans, 5 Boeing 737-600 depuis 17 ans, 5 ATR 72-500 depuis 16 ans ainsi que 5 Airbus A330-200 en exploitation depuis 2005. C’est pourquoi, elle a mis en route un plan de modernisation d’une dizaine de ces appareils, avec à la clef de nouveaux sièges plus légers, de nouvelles moquettes, de nouveaux sanitaires, ainsi que des équipements de confort (prise courant et USB, écrans tactiles, wifi…), lui permettant d’améliorer sensiblement l’attractivité et les prestations de ses vols. Air Algérie a transporté 6,5 millions de passagers en 2018, contre 6,3 millions en 2017 soit une hausse de près de 3,2 %, une petite évolution. Son dernier chiffre d’affaires connu est celui de l’exercice de 2017 avec 9,1 milliards de dinars
(764 millions de dollars) en 2017.
La compagnie tente cependant de tracer un portrait un peu moins alarmiste de la situation. L’année écoulée « a été riche en réalisations, que ce soit au plan quantitatif que qualitatif», souligne en effet, dans un communiqué, l’entreprise pour qui le nombre record de clients constitue «un argument de plus pour l’image d’Air Algérie qui ne cesse d’avancer dans le bon sens». L’année passée a été marquée notamment par l’extension du réseau avec l’ouverture de quatre (04) nouvelles lignes depuis sa base à l’aéroport d’Alger-Houari-Boumediène, vers Charleroi en Belgique, Valence en Espagne, plus Douala au Cameroun et Libreville au Gabon (reportées à mars prochain). Pour 2019, Air Algérie espère ne pas connaître «les frictions sociales enregistrées en 2018 et qui l’ont contraint à prendre des décisions, certes difficiles et désagréables, mais, au profit exclusif de l’intérêt général et de sa fidèle clientèle ». Elle insiste sur le fait que l’Etat-actionnaire l’a appuyée en autorisant le renouvellement partiel de sa flotte, en faisant droit à sa demande d’obtenir des compensations financières pour sujétions de service public en adéquation avec les coûts qu’elle supporte et en supprimant certains droits de douanes liés aux moyens aéronautiques. « Cette marque de confiance implique, en retour, un engagement sans faille de notre part », conclut Air Algérie dans ce document. Il y est ajouté : « La confiance des passagers nous encourage à redoubler d’effort, pour l’année 2019. »