Au second jour des débats autour de la déclaration de politique générale du gouvernement, les députés de l’opposition sont intervenus en masse et haussé le ton au point de faire sortir le président de l’Assemblée populaire nationale (APN) Mouad Bouchareb de sa réserve. En effet, Bouchareb a dû intervenir à plusieurs occasions pour «corriger» des interventions de députés, notamment ceux du Mouvement de la société pour la paix (MSP) qui ont critiqué le président de la République, en leur rétorquant : «Le Président est une ligne rouge à ne pas franchir. Vous pouvez commentez le bilan du dernier quinquennat, mais ne touchez pas à la personne du président de la République.» Ce qui n’a pas impacté les interventions des députés qui ont maintenu le même ton offensif. C’est ainsi que Lakhdar Benkhelaf, du Front pour la justice et le développement (FJD), a critiqué le fait que la Déclaration de politique générale «brosse un tableau des plus reluisants du bilan présidentiel». «Vous avez omis les crimes économiques, les crimes de corruption et la mauvaise gestion dont sont victimes les citoyens qui manifestent aujourd’hui dans la rue». Le député du FJD n’a pas manqué de dénoncer le timing de la Déclaration de politique générale : «Cette Déclaration de politique générale, vous l’avez programmée faire en retard pour la coïncider avec la période électorale et de mener donc une campagne électorale en faveur du Président». Nadia Yefsah, députée du Parti des travailleurs (PT), a, quant à elle, critiqué la «soi-disant croissance économique du bilan du Président». «Mais de quelle croissance économique parlez-vous ? Parlez-nous des entreprises que vous avez fermées et qui ont ôté l’emploi à beaucoup de nos compatriotes». «De quelles réalisations en infrastructures de santé parlez-vous, quand on sait que la nouvelle loi sur la santé privatise les soins ?», enchaîne-t-elle. Avant d’ajouter : «De quelles réalisations universitaires parlez-vous quand on voit les étudiants sortir en masse aujourd’hui pour dénoncer votre politique ?» Selon la députée du PT, la «continuité dont vous parlez est celle des insuffisances dans tous les domaines».
Côté Alliance présidentielle, les députés du FLN et du RND, qui ont intervenu en nombre, ont salué le bilan du Président sous tous ses aspects en s’en prenant à l’opposition. Kamel Boulamiz du FLN a estimé que «le Président a consacré toute sa vie à l’Algérie et toutes ses réalisations parlent d’elles-mêmes». D’autres députés FLN ont estimé qu’«il faut faire preuve d’objectivité, respecter la volonté populaire et rejeter l’injustice». Selon lui, «la Déclaration de politique générale reflète les efforts du gouvernement, notamment dans le domaine socio-économique». Des députés du Rassemblement national démocratique (RND) ont salué également «les réalisations accomplies lors des deux dernières décennies, dans plusieurs secteurs, en tête le secteur de l’agriculture, relevant toutefois, l’impératif de dégel de certains projets, notamment ceux revêtant un caractère prioritaire». Nora Labiod, du RND, a fait état d’une «réelle volonté politique de relancer l’économie nationale». «Il faut plus d’efforts pour concrétiser une croissance économique diversifiée et non tributaire des recettes issues du secteur des hydrocarbures», a-t-elle préconisé. Elle a mis en exergue, dans ce cadre, la nécessité d’œuvrer à une relance des autres secteurs, à l’instar des secteurs de l’agriculture et de l’industrie, d’intensifier les efforts visant la lutte contre la bureaucratie, aux fins de facilitation de l’investissement hors-hydrocarbures et de la modernisation de la gestion dans les différents secteurs économiques». De son côté, Kamel Mouassa de TAJ a salué le bilan présidentiel en considérant qu’il a réalisé une importante croissance hors hydrocarbures.