Alors que l’Intersyndicale de l’éducation avance un taux de participation de 65,31% pour le premier jour de la grève nationale de deux jours, on constate sur le terrain que peu d’enseignants des trois cycles de l’enseignement ont répondu favorablement à l’appel des syndicats.

Par Wafia Sifouane
Face aux lycées Okba-Ibn Nafaâ et l’Emir-Abdelkader, situés dans la commune de Bab El Oued, les enseignants étaient nombreux à être en poste, très peu d’entre eux ont fait grève, a-t-on constaté sur place. «Nous avons eu cours normalement, seule une dizaine d’enseignants ont refusé de dispenser les cours mais les élèves n’ont pas pu quitter les classes», nous a affirmé un surveillant posté à l’entrée du lycée Okba. Un peu plus bas, au lycée Emir, même constat. Les élèves rencontrés à la sortie des classes nous ont indiqué que les cours ont bel et bien eu lieu, exception faite pour une minorité d’enseignants.
A Alger-Centre, au lycée Khiereddine-Barberousse, la majorité des enseignants ont décidé d’ignorer l’appel des syndicats surtout dans le contexte actuel. En effet, situé à deux pas de la fac centrale, qui a été théâtre d’un sit-in des étudiants, les responsables du lycée ont préféré garder les élèves en classe, alors que les enseignants grévistes ont été peu nombreux dans le cycle primaire.
A l’école Amina, située à Bab El Oued, les élèves des enseignants grévistes ont été gardés en classe. «L’enseignante de langue arabe de ma fille a fait grève, mais celle de langue française a fait classe», nous a indiqué une jeune maman rencontrée sur place.
A l’école primaire Oumi-El Habiba, située dans la même commune, aucun enseignant n’a fait grève, nous ont affirmé les parents rencontrés sur place. Dans la commune d’El Madania, le taux de participation à cette grève était «faible», les élèves de l’école Mohamed-Bouder et Fatma-Ghezzal et ceux du collège Fatiha-Artani ont eu cours normalement.
Les enseignants du collège Abbès-Laghrour ont répondu partiellement à l’appel de la grève, et les élèves ont été maintenus dans les classes. Au niveau du lycée Mohamed-Boudiaf, quelques enseignants qui ont libéré les élèves ont participé à cette grève. S’agissant de la commune de Bir Mourad Raïs, les enseignants du collège ont largement répondu à l’appel de grève, libérant les élèves de 1re, 2e et 3e année moyenne et gardant ceux de 4e année (classe d’examen).
L’appel à la grève a été partiellement suivi dans les communes de Sidi M’hamed et de Belouizdad, notamment au niveau des lycées d’El Idrissi et Ibn Nass, où les élèves ont été libérés, alors que ceux des collèges Ali-Mellah, Ibn El Massib et Mohamed-Zekkal ont suivi normalement les cours.
Dans le Sud, l’Intersyndicale a indiqué que le taux de suivi dans la wilaya de Ghardaïa a été de 18,76% pour les trois paliers. A Ghardaïa, a indiqué notre correspondant sur place, le taux de suivi était de 18,78% dans les trois paliers.
Le directeur de l’éducation de la wilaya de Ghardaïa a tenu à rappeler que des contre-mesures ont été prises pour cette grève en organisant des réunions avec les directeurs et inspecteurs des établissements scolaires des trois paliers de tout Ghardaïa. Dans la wilaya de Sidi Bel Abbès, l’appel à la grève a eu un échos auprès de la majorité des enseignants des cycles primaires et moyens et travailleurs de l’éducation, atteignant dans la matinée un taux de 54%, a annoncé le secrétaire général du bureau de wilaya de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef) de Sidi Bel Abbès. A Béchar, la grève a été suivie à 75% selon un syndicaliste du Snapest. Pour leur part, les parents d’élèves que nous avons contactés nous ont déclaré que les revendications des enseignants sont légitimes et les seuls perdants sont les élèves, qui
préparent les examens du deuxième trimestre, dans un climat de tension.
Pour sa part, Idir Achour porte-parole du Conseil des lycées d’Algérie (Cla), nous a affirmé que près de
400 000 travailleurs ont répondu à l’appel des syndicats et que 6 millions d’élèves n’ont pas eu cours.
Notre interlocuteur nous a indiqué que le taux de suivi le plus élevé, dépassant les 15%, a été enregistré au niveau des wilayas de Tlemcen, Boumerdès, Béjaïa et Alger ouest.
«Nous avons enregistré un taux de participation plus que satisfaisant en une demi-journée. Il nous reste encore la journée du 27, durant laquelle nous comptons atteindre les 80%», a-t-il dit. Tout comme l’action de débrayage initiée le 21 janvier dernier, la guerre des chiffres est toujours là entre ceux avancés par les initiateurs de la grève et ceux communiqués par les médias. Rappelons que les six syndicats de l’Intersyndicale de l’Education ont appelé la tutelle à la révision du statut particulier des travailleurs du secteur, l’amélioration du pouvoir d’achat et le maintien de la retraite sans condition d’âge. n