L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses alliés continueront d’appliquer leur accord de réduction de la production en dépit des critiques du président américain Donald Trump, a déclaré hier à Reuters une source de l’Opep dans le Golfe. Au vu des données actuelles sur le marché, l’alliance Opep-non Opep « poursuivra probablement les réductions de production jusqu’à la fin de l’année », a dit la source, en attendant la réunion d’avril prochain de l’organisation et ses partenaires pour faire le point sur la stratégie adoptée et qui a permis au baril de remonter la pente après une forte chute lors des dernières semaines de 2018. Les efforts de réduction de l’Opep semblent d’ailleurs avoir suffi pour réduire des nouvelles critiques formulées lundi par Donald Trump à son égard. Ainsi, après avoir terminé la veille en nette baisse sur les marchés londonien et newyorkais, les prix de l’or noir remontaient hier lors des échanges européens, même si le baril n’arrivait pas à limiter les pertes de la veille. Le Brent ou brut de mer du nord pour livraison en avril valait 65,11 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, gagnant 35 cents par rapport à la clôture de lundi, alors que dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de « ight sweet crude » pour la même échéance prenait 5 cents à 55,53 dollars. « Les prix du pétrole montent trop. L’Opep, s’il vous plaît (…) gardez votre calme », avait demandé lundi le président américain sur Twitter, rappelant le scénario de l’année 2018 lorsque ce dernier avait multiplié les menaces à l’égard de l’organisation poussant son allié saoudien à augmenter sa production. Cependant, à cette période, les prix avaient dégringolé et « les Saoudiens ont dû apprendre leur leçon et ne seront pas trop prompts à plaire à M. Trump », a estimé Olivier Jakob, analyste chez Petromatrix. Pour rappel, l’Arabie saoudite a nettement contribué à la baisse de la production opérée par l’Opep en janvier. A lui seul, le chef de file du cartel a baissé la sienne à 350 000 barils par jour sur une réduction totale de près de 800 000 b/j. Ryad a promis de poursuivre sa démarche pour assurer la stabilité des prix et éviter la forte chute qui avait mené le baril jusqu’en dessous en décembre dernier. Les cours ont néanmoins repris depuis le début 2019, affichant une nette hausse en janvier et février pour dépasser les 67 dollars le baril et culminer à leur plus haut niveau depuis trois mois. Cette tendance à la hausse
« devrait se poursuivre, avec une demande robuste, des promesses de l’Arabie saoudite et de la Russie de baisser encore leurs productions et de probables perturbations involontaires des trois pays producteurs les plus vulnérables, la Libye, l’Iran et le Venezuela », a énuméré Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.<