La situation d’anxiété qui s’est emparée des Algériens depuis le 22 février, où les manifestations de rue ont commencé à s’exprimer de manière inattendue, démontre l’attachement de ces derniers à la stabilité de leur pays. Il est un fait manifeste, les Algériens tiennent à la sécurité de leur pays et à sa stabilité. La décennie noire de triste mémoire fait toujours (pour l’heure) office de repoussoir afin de conjurer le pire. Il est également patent qu’aujourd’hui les Algériens expriment une véritable envie de changement. Une nouvelle génération maîtrisant les moyens de son temps exprime une certaine exaspération. Une volonté légitime de vouloir participer à la construction de son pays. La balle est dans le camp du pouvoir qui se doit de donner une réponse afin de préserver la paix civile. Les manifestations populaires pacifiques sont une véritable expression de maturité politique. Mais rien ne garantit que ces expressions dans la rue ne dégénèrent en dérapage dangereux. Les printemps arabes, qui ont fait basculer les pays de cette zone géographique dans le chaos, sont toujours dans les consciences. Les conséquences de ces soulèvements, qui ont fait entrer des pays dans des phases d’instabilité permanentes, sont toujours visibles. Les interventions de puissances étrangères à l’affût du moindre soubresaut dans les pays de la région ont produit des Etats faillis. Les exemples de par le monde sont trop récents pour ne pas y penser. La sécurité et la stabilité du pays sont une véritable ligne rouge. Les Algériens qui ne sont pas prêts à rééditer les années noires en sont conscients. Mais les Algériens sont en même temps en attente de changement et de bonne gouvernance.
Ils savent que leur pays possède les capacités d’être un lieu de meilleure vie que celle qu’on leur propose. Il s’agit de faire preuve de lucidité et de revenir à la clairvoyance.
Il faudrait, plus que jamais, discuter de manière politique, pacifique et transparente des libertés, de l’Etat de droit, de l’organisation autonome de la société.