Dans les conditions de tension actuelles, l’organisation du scrutin présidentiel prévu le 18 avril prochain semble particulièrement compliquée. La poursuite des manifestations de rue n’augure rien de rassurant pour un processus électoral déjà lancé depuis la convocation du corps électoral le 18 janvier dernier.
La campagne électorale qui devrait suivre l’annonce des candidatures validées par le Conseil constitutionnel ne saurait se dérouler sans un minimum de sérénité et d’ordre public. La loi en vigueur prévoit des situations d’exception en cas de nécessité impérieuse et lorsque le pays est menacé d’un péril imminent dans ses institutions, dans son indépendance ou dans son intégrité territoriale. Mais le régime électoral ne prévoit pas une quelconque situation de report ou d’annulation d’une élection présidentielle. La Constitution prévoit des situations précises où la vie politique est paralysée. Il s’agit des situations d’état d’urgence, de guerre ou d’exception comme il est explicité dans les articles 91, 92, 93, 94, 95, 96 et 97 de la Constitution. Ces articles décrivent des circonstances d’exception et de danger pour la sécurité du pays. Face à l’évolution de la situation, certaines personnalités politiques n’hésitent désormais pas à souhaiter le report pur et simple du scrutin pour quelque temps afin de pouvoir l’organiser ultérieurement dans un climat plus serein. Louisa Hanoune secrétaire général du PT se dit favorable à un «report de la présidentielle de deux mois pour parvenir à une sortie de crise».
Pour la patronne du PT, le processus «en marche n’est pas près de s’arrêter. Nous sommes dans une situation pré-révolutionnaire comme celle qui a eu court en Tunisie», a estimé Hanoune faisant allusion aux manifestations qui se suivent depuis le 22 février dans une atmosphère de grande anxiété. «Les slogans n’étaient pas contre Bouteflika», Hanoune a préféré accuser d’autres cercles du pouvoir coupables à ses yeux d’avoir poussé le Président à se représenter pour un nouveau mandat. «Certains l’ont fait pour des considérations politiques, alors que d’autres ont agi pour sauvegarder leurs intérêts financiers», a-t-elle accusé. «Ils ne sont pas capables de comprendre les mutations de la société. S’ils en étaient conscients, ils n’auraient pas proposé la candidature du Président», a estimé encore la secrétaire générale du PT. D’un autre côté, la candidate aux quatre derniers scrutins présidentiels continue d’entretenir le flou sur sa participation au scrutin du 18 avril. Et les évènements ne sont pas pour aider.
L’universitaire Lahouari Addi et le militant pour la démocratie Djamel Zenati ont publié hier de leur côté un appel «ultime à la raison» dans lequel ils estiment que «vouloir maintenir coûte que coûte le statu quo fait courir des risques graves à la stabilité et l’unité nationales.
L’option électorale avec ou sans Bouteflika ne peut constituer une solution». «La seule issue salutaire pour le pays est une transition démocratique orientée vers la construction d’un Etat de droit», estiment-ils.
Une transition qui «doit être la plus courte possible, loin de tout esprit de règlement de compte et se concentre par l’organisation d’élections générales», préconisent les deux personnalités.<