Pour sa deuxième session criminelle ordinaire pour l’année judiciaire 2019, 185 affaires sont inscrites au rôle du Tribunal criminel près la cour de Ghardaïa, qui a entamé la session le 25 février et qui continuera à siéger jusqu’au 28 avril 2019. Pas moins de 430 inculpés, présumés criminels et délinquants, dont 13 femmes et 3 Subsahariens, sont impliqués dans les 185 affaires à juger. Parmi les 13 femmes qui font partie de ce lot, l’une est accusée de participation à association de malfaiteurs activant dans la commercialisation de stupéfiants et de psychotropes, l’autre de vol qualifié, une autre de recel d’objets volés, une de création de lieu de débauche et de prostitution et, enfin la dernière, de faux et usage de faux et de complicité dans la confection de faux documents officiels, documents administratifs touchant à une grave affaire de dilapidation du foncier et autres. Les autres affaires inscrites au rôle de cette session sont essentiellement relatives aux délits de meurtre avec préméditation, de viol et de viol sur mineur avec violence, d’attentat à la pudeur, de vol qualifié avec violence, d’homicide volontaire avec préméditation et guet-apens. D’autres affaires, liées aux délits d’association de malfaiteurs, d’incendie volontaire suivi de vol, de faux et usage de faux de documents administratifs, de confection et usage de cachets humides officiels d’administrations publiques, de confection et usage de faux documents officiels, ainsi que de violence et agression ayant engendré un handicap permanent font aussi, malheureusement, partie du lot des crimes et délits inscrits au rôle de cette session. Huit demandes de conversion de peine en travaux d’intérêt général seront, par ailleurs, examinées par la Cour pendant cette session. Encore une fois, et malheureusement, il y a lieu de noter que la diversité des délits et le nombre sans cesse crescendo des affaires enrôlées renseignent, on ne peut mieux, de l’inquiétante et gravissime ascension de la criminalité sous toutes ses formes. Elle a tendance à se propager sournoisement à toutes les couches de la société, et ce, malgré tous les efforts déployés par les services compétents en la matière. Une étude exhaustive et approfondie des causes inhérentes à cette fulgurante propagation de la criminalité par des structures spécialisées et habilitées en la matière est plus que primordiale afin de prendre les mesures idoines, rationnelles et, surtout, draconiennes à l’effet d’inverser la tendance. Nonobstant le fait que Ghardaïa soit devenue le lieu de transit obligé de tous les trafics, avec tout ce que cela suppose comme immigration clandestine, contrebande de papiers, de drogue, et même d’armes, il n’en demeure pas moins que le phénomène de la criminalité au sud du pays a pris, ces dix dernières années, des proportions telles que tous les voyants sont au rouge. O. Y.