«L’Algérie a toujours  été un pays qui a accompagné les efforts des Nations unies dans le cadre de la recherche de solution en qualité de pays voisin».

Les principes du respect des frontières et de l’autodétermination sont les fondements de base de l’Union africaine (UA) dans la résolution du conflit du Sahara occidental conformément à sa constitutive, a réitéré mardi le ministre des Affaires étrangères Abdelkader Messahel. Intervenant sur les ondes de la radio algérienne (Chaîne III) lors d’une émission sur les réalisations de la Diplomatie algérienne entre acquis et défis à venir, M. Messahel a rappelé que la question du Sahara occidental relève avant tout du domaine et du ressort exclusif des Nations unies, et est la priorité de l’Afrique étant donné qu’il s’agit du dernier territoire du continent non-autonome. «Elle est la priorité des Africains parce que l’Afrique dans sa construction, a indiqué le ministre en référence à la constitutive, il y a deux principes sur lesquels l’UA est extrêmement vigilante : le principe du respect des frontières héritées après l’indépendance et celui de l’autodétermination», a-t-il affirmé. «Ce sont les deux piliers fondamentaux et cardinaux autour desquels se construit l’UA», a-t-il ajouté, rappelant que la question figure à l’ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations unies et de l’Union africaine (UA). Interrogé sur l’engagement des Etats-Unis à résoudre le conflit sahraoui depuis l’arrivée du président américain Donald Trump, et notamment après la récente visite d’une délégation du Congrès américain au camp Chahid El-Hafedh des réfugiés sahraouis, M. Messahel a constaté que les Américains aujourd’hui «mettent la pression sur les parties car c’est une question qui a trop duré dans le temps». «Nous avons fait le constat, c’est une question qui a trop duré et qui doit trouver sa solution.
Les Etats-Unis aujourd’hui font de la pression sur toutes les parties au conflit pour qu’elles puissent aller vers une solution dans le cadre des résolutions des Nations unies», a déclaré le ministre des Affaires étrangères. «Cela est une bonne chose que des pays membres du Conseil de sécurité fassent pression sur les deux parties politiques (Front Polisario et Maroc. NDLR) pour qu’elles puissent arriver à trouver une solution fondée sur le droit à l’autodétermination», s’est-il réjoui. Dans ce sens, M. Messahel a expliqué qu’aujourd’hui il est demandé aux pays voisins comme l’Algérie et la Mauritanie d’apporter leurs contributions. «L’Algérie a toujours été un pays qui a accompagné les efforts des Nations unies dans le cadre de la recherche de solution en qualité de pays voisin», a-t-il appuyé rappelant, dans ce contexte, que la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) est un pays fondateur de l’UA et membre à part entière de l’organisation.
A une question sur les «manœuvres marocaines d’impliquer l’Algérie dans ce conflit comme partie prenante», M. Messahel a réitéré la position de l’Algérie en tant que pays voisin et non une partie prenante. «Ils peuvent penser ce qu’ils veulent, la réalité est toute autre, ils savent que nous sommes pas impliqués et qu’on est un pays voisin (…) je suis témoin, j’ai fait toutes les réunions sous l’égide de James Baker en passant par tous les représentants personnels de l’ONU, on a toujours été présents en qualité de pays voisin», a conclu M. Messahel.
Présent depuis 1966 sur la liste des territoires non-autonomes, éligibles à l’application de la résolution 1514 de l’Assemblée générale de l’ONU portant sur l’occtroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupée par le Maroc depuis 1975 avec l’appui de la France.
(APS)