Dans un climat tendu, le président du Mouvement populaire algérien (MPA), Amara Benyounès, a animé, hier à Chlef, un meeting où il a parlé des manifestations, expliquant que «la rue provoque la destruction et non la démocratie».

Amara Benyounès a pris le relais de Abdelmalek Sellal en animant, hier, son premier meeting populaire à la Maison de la culture de Chlef, située au centre-ville. Il faut signaler que c’est le premier membre du staff de campagne du président Bouteflika à se jeter dans l’arène dans un contexte de tension. Au cours de son intervention, le patron du MPA n’a pas manqué de défendre le «droit des Algériens à exprimer pacifiquement leur opinion dans le respect de l’autre, loin de toute offense, injure ou insulte». Il également fait part de son optimisme quant à la «réussite» de ce rendez-vous électoral qu’il considère comme un «grand moment dans la vie démocratique de l’Algérie».
Selon le chef du MPA, l’Algérie fait actuellement face à des «défis majeurs en cette période électorale, notamment sécuritaires et économiques». Avant d’enchaîner : «Nous avons vu ce que la rue a provoqué en Tunisie, en Libye et en Syrie.» Pour lui, «la rue provoque la destruction, non la démocratie». Benyounès a, une nouvelle fois, martelé que «sans la paix et la stabilité, il n’y aura ni démocratie ni République ni économie, ni politique». Ainsi, pour ce premier contact avec la population et s’agissant l’annonce de la candidature du président Bouteflika pour un cinquième mandat, la réponse est sans appel : elle sera tranchée par «les urnes». Comme ses collègues du staff de campagne du candidat Bouteflika lors de leurs interventions, Amara Benyounès a appelé à la «vigilance» face au «risque de dérapages dangereux» et surtout celui d’un retour aux années noires qu’a vécues le pays. Il a également lancé un message essentiellement axé sur les vertus de la «continuité», éclipsant la mobilisation populaire, estimant que «ces manifestations ne représentaient pas l’avis de la majorité du peuple». Et aucun citoyen ne peut empêcher un candidat de se présenter à l’élection présidentielle, «il n’y a que le Conseil constitutionnel qui peut l’empêcher». Abordant le programme électoral du candidat Bouteflika, le numéro deux du staff de campagne a estimé que tout n’a pas été réussi durant ces vingt dernières années. «Nous sommes conscients que des couches de la société, notamment les jeunes, sont encore lésées et n’ont pas reçu toute l’attention ou l’accompagnement nécessaires.» C’est, selon lui, pour cela que le président sortant s’engage, s’il est élu le 18 avril prochain, à lancer des réformes dans divers domaines économique, politique et social, réclamées par les Algériens, à travers notamment l’ouverture d’un dialogue pour faire des choix consensuels. Il a rappelé également que le chef de l’Etat a renforcé l’identité algérienne en consacrant l’amazigh comme langue officielle, en réponse à une large demande populaire. Sur un autre registre, il a salué les services sécuritaires pour le maintien de l’ordre et «leur gestion efficace des manifestations». Par ailleurs, il a aussi salué le chef d’état-major de l’ANP, le général Ahmed Gaïd-Salah, qui a, selon lui, «réitéré son engagement personnel à réunir toutes les conditions favorables au bon déroulement de la prochaine élection présidentielle dans un climat de quiétude, de sérénité, de sécurité et de stabilité». Enfin, il y a lieu de signaler qu’une foule d’une cinquantaine de personnes s’est amassée devant le centre culturel où se tenait le meeting et a chahuté Amara Benyounès. Aucun incident n’a été signalé ni aucune interpellation n’a été effectuée par les services de police.n