La deuxième édition de Secura North Africa, Salon international de la sûreté, du feu, de la sécurité et de l’urgence, qui se clôt aujourd’hui au Palais des expositions (Safex), a été l’occasion, hier, d’évoquer la sûreté intérieure des établissements (SIE) dont le concept, de l’avis des experts, n’est pas maîtrisé par beaucoup d’entreprises.

«Comme la SIE a été mise en place dans l’urgence, durant les années de terrorisme pour protéger le patrimoine et les personnes menacés à l’époque, il est nécessaire aujourd’hui de la recadrer, de la mettre à jour pour lui donner sa signification réelle. Surtout que, depuis que les actes de terrorisme ont diminué, un certain relâchement est constaté en la matière de la part des opérateurs», a fait savoir Mohamed Dekaken, expert dans l’élaboration et la gestion des plans de sûreté, lors d’une conférence, organisée dans le cadre de ce salon, auquel participent 100 exposants nationaux et étrangers représentant 150 marques internationales. Il a jugé nécessaire, également, la formation des gestionnaires de la SIE car il n’est pas juste question, dans ce type de sécurité, d’assurer le gardiennage, de lutte anti-incendie ou de gestion de vidéosurveillance. «C’est le chef d’entreprise qui est tenu, en premier lieu, d’assurer la sécurité de son bien et de ses employés, bien avant la gendarmerie et la police. Il doit s’entourer, pour cela, de spécialistes pour la mise en place de la SIE», a-t-il souligné, en appelant à la création d’un institut national de hautes d’études de la sûreté interne des établissements. Les agents auxquels la mission de la SIE est confiée, a-t-il fait savoir, doivent maîtriser tous les concepts liés aux risques, aux menaces, à la malveillance, aux intrusions criminelles, actes de sabotage et savoir comment réagir dans ces cas-là.
«Un agent doit, par exemple, savoir faire la différence entre une vraie et une fausse carte d’identité, manier les armes, comment détecter les explosifs, faire face aux alertes à la bombe… Il doit être au courant de tous les dangers qui menacent l’entreprise et établir, en fonction de cela les plans d’alerte, d’actions et d’urgence», a-t-il soutenu. Ce sont surtout les entités économiques classées à hauts risques et les entreprises stratégiques qui courent le plus de risques. «Celles qui sont implantées sur les zones frontalières sont les plus exposées aux risques. Dans ces régions-là, les tentatives d’intrusion de groupes, via nos frontières, sont récurrentes.
Il faut être donc sur le qui-vive si on ne veut pas que l’attaque de Tiguentourine se répète. Rappelons qu’il a fallu l’intervention de l’Armée nationale pour défendre le complexe», a-t-il souligné.<