Malgré toutes les campagnes incitatives, réticence et peu d’engouement des jeunes pour la formation professionnelle…

Plusieurs facteurs participent à cette réticence profonde des jeunes, éjectés du système scolaire, à acquérir un métier par le biais d’une formation auprès des centres de la formation professionnelle et ce qu’elle soit qualifiante ou diplômante. Elle est surtout suscitée par le spectre du chômage à la fin de la période de formation, avec la désagréable conclusion d’avoir perdu son temps et son énergie pour revenir à la case départ. « Beaucoup de mes amis et de mes anciens camarades de lycée qui ont suivi des formations professionnelles sont revenus s’adosser aux murs de leur quartier,
faute de débouchés conformes à leur type de formation », affirme un jeune de Sidi Abbaz. Il ajoute : « Je préfère, en attendant de trouver mieux, faire des petits boulots à gauche et à droite que d’aller suivre une formation sans aucune assurance de trouver un emploi dans le domaine dans lequel j’aurai été formé. » C’est à partir du centre de formation professionnelle Moudjahid Moussa-Yahia, de Dhaïa Ben Dahoua, à 10 km au nord- est de Ghardaïa, que le coup d’envoi de la première rentrée de la formation professionnelle pour l’exercice 2019, session de février, a été donné, dimanche en présence de Azzedine Mechri, le wali de Ghardaïa qui, pour certainement un emploi du temps chargé, a laissé le soin au directeur de la formation et de l’enseignement professionnel (DFEP) de la wilaya de Ghardaïa, Abderrahmane Djâafri, de le donner à sa place. Dans une allocution liminaire, Abderrahmane Djaâfri a rappelé que son secteur « est l’antichambre du secteur de l’éducation au sens où, se plaçant en alternative à la déperdition scolaire, il absorbe la masse des exclus du système éducatif, en les prenant en charge pour en faire des ouvriers qualifiés et des techniciens dans divers domaines ». Seulement, ajoute-t-il, « et afin de réunir toutes les conditions à même de permettre aux entreprises économiques de dégager des postes à ces nouveaux arrivants sur le marché de l’emploi, il y a nécessité d’adapter nos offres à la demande du marché en mettant en place une stratégie, basée sur la rationalité, et surtout une vision claire consistant à lancer des spécialités en fonction du contexte géographique et économique de la région. Nos offres partent d’une étude réaliste basée sur les intérêts des apprenants et des besoins du marché local. Elles s’intègrent dans les propositions contenues dans la carte pédagogique de la région, tracée pour le moyen et le long termes, prenant en compte, en priorité, les besoins du marché local de l’emploi ». En effet et pour être en adéquation avec les orientations du gouvernement en matière de diversification de l’économie nationale, en donnant la priorité notamment au triptyque des filières de l’agriculture, du tourisme et de l’industrie, il serait beaucoup plus indiqué de réfléchir à privilégier la formation dans des spécialités et domaines spécifiques à la wilaya de Ghardaïa. Ainsi, et pour prendre en charge la demande sociale, le secteur de la formation et de l’enseignement professionnels a mobilisé tous les moyens nécessaires en infrastructures, équipements techniques et scientifiques et l’encadrement adéquat. A titre de rappel, pour cette session de février 2019, la direction de la formation et de l’enseignement professionnels de la wilaya de Ghardaïa a émis une offre de pas moins de 5 165 postes pédagogiques répartis en 3 640 postes pour les formations diplômantes soit 1 260 postes dans la formation résidentielle, 1 330 au titre de la formation par apprentissage, 870 en formation passerelle, 30 en cours du soir et 150 en formation diplômantes auprès d’établissements privés agréés. 1 525 autres postes sont réservés aux formations qualifiantes destinées aux personnes du milieu carcéral et des femmes au foyer, lesquelles se voient attribuer un quota appréciable de 550 postes pédagogiques. Des formations diplômantes et qualifiantes pour toute personne qui aspire à acquérir des compétences lui permettant de s’intégrer dans la vie professionnelle ou d’améliorer ses connaissances professionnelles sont offertes par le secteur en proposant divers modes de formation, à savoir résidentiel, apprentissage, cours du soir, formation continue et celle dite femme au foyer, avec un encadrement technique et pédagogique qualifié, dans les différentes spécialités. D’autre part, 6 nouvelles spécialités ont été ouvertes pour cette session, dont 4 sont enseignées dans les trois établissements de la formation professionnelle de la nouvelle circonscription administrative d’El Menéa. Il s’agit de technicien supérieur en conservation du patrimoine bâti, spécialité prodiguée dans les deux CFPA d’El Menéa 2 et du CFPA mixte de Ghardaïa, de technicien supérieur en hôtellerie, option Gestion et administration hôtelière, enseignée au CFPA d’El Menéa 1, de technicien supérieur en environnement au CFPA d’El Menéa 3, de technicien en installation et maintenance des panneaux solaires photovoltaïques, spécialité enseignée au niveau du nouveau centre de formation flambant neuf dédié spécialement aux métiers des énergies renouvelables, situé à Oued Nechou, à une dizaine de kilomètres au nord de Ghardaïa. Le quatrième métier enseigné simultanément à El Menéa 2 et au CFPA mixte de Ghardaïa est celui de maçon du patrimoine bâti, sanctionné par un CMP. La sixième spécialité ouverte pour cette session est celle de conduite et entretien des machines agricoles, enseignée au CFPA de Hassi Lefhel et sanctionnée par un CAP. n