Les travailleurs du complexe d’industrie textile algéro-turc Tayal observent, depuis hier, une grève générale. Ils revendiquent une «augmentation des salaires» et l’«amélioration des conditions de travail». Les grévistes dénoncent des conditions de travail qui «se dégradent» et déplorent des salaires «médiocres».

Jusqu’à hier, il n’y avait aucune réaction de la part de la direction du site. Jusque-là, tout semblait aller dans le meilleur des mondes au niveau de ce site, considéré comme un exemple de grande réussite dans l’industrie textile. Signe de fiabilité de l’entreprise, une opération d’exportation de 200 tonnes de divers produits textiles vers quatre pays européens (Turquie, Pologne, Belgique et Portugal) a été effectuée, il y a quelques mois. L’usine montée en partenariat avec le groupe turc Tayal, après de longs mois de négociations, va augmenter cette année sa cadence de production et exporter plus. Elle produira son premier jean algérien en mars prochain. Il est attendu qu’elle en fabrique, avec la montée en cadence de production, douze millions, dont 60% destinés à l’exportation. Le complexe de Relizane, qui a commencé avec la filature, dispose d’un carnet de commandes à l’export de deux milliards de dinars. La mise en place de ce complexe de filature de coton, entré en production avec des mois de retard, marque un moment fort dans les relations économiques entre l’Algérie et la Turquie, lesquelles enregistrent, ces dernières années, une dynamique particulière à travers des partenariats industriels multisectoriels et un renforcement des échanges commerciaux. D’une capacité de production de 9 000 tonnes par an, cette usine fait partie d’un projet de complexe composé de huit unités de production intégrées appartenant à la joint-venture Tayal, formée de deux filiales du Groupe public national de textile Getex, du holding Madar (ex-Snta) et de l’entreprise turque Intertay.
Outre cette usine de filature, le complexe disposera, à terme, d’usines de tissage, de traitement, de confection, de bonneterie et d’ennoblissement de tissus, soit le finissage, le blanchiment et la teinture. Le projet est prévu en deux étapes, la première, devait se terminer vers la fin de l’année 2018, porte sur la réalisation de huit usines totalement intégrées, d’un centre d’affaires et d’une école de formation en métiers de tissage et de confection avec une capacité d’accueil de 500 stagiaires par session. Toujours dans le secteur du textile, un protocole d’accord a été signé entre l’entreprise publique nationale Texalg et la société turque Boyner-Sanayi AS, pour la création d’une joint-venture de production de filés de laine et d’autres produits textiles à Meskiana (Oum-El Bouaghi). L’usine sera dotée d’une capacité de production de 1 000 tonnes par an de filés laine et mélanges (laine, polyester, acrylique) dans une première phase, puis de 2 000 tonnes par an dans une deuxième phase et de 3 000 tonnes par an, dans une troisième phase.n