Ali Benflis ne fera finalement connaitre sa position vis-à-vis de l’élection présidentielle du 18 avril, qu’au dernier jour du délai de dépôt des candidatures auprès du Conseil constitutionnel. Le président de Talaie El Hourriyet a été chargé par son bureau politique de consulter les membres du comité central (CC) avant de se réunir dimanche pour se prononcer. Ce renvoi intervient après que la 7e session du CC, qui devait se tenir aujourd’hui à la Mutuelle des matériaux de construction de Zeralda, ait été annulée suite au «refus de l’administration de la wilaya d’Alger pour le motif que la salle a été réquisitionnée», a précisé, hier, Benflis lors d’un point de presse improvisé à la sortie d’une réunion du BP au siège du parti.
«Je n’ai qu’à protester devant le peuple, car je n’ai aucun document pour le faire devant le tribunal administratif. Le refus nous été signifié par téléphone», a ajouté l’ancien chef de gouvernement, qui accuse le ministre de l’Intérieur, «sans le citer», de partialité, le tenant pour «responsable du préjudice causé» à son parti. Tout en exprimant son «indignation», le BP de Talaie El Hourriyet, a, dans un communiqué sanctionnant la réunion, considéré que «le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales s’est départi de sa qualité de ministre de la République qui lui impose la neutralité pour se mettre au service d’un candidat et des seuls partis politiques de l’Alliance présidentielle». Selon Benflis, la demande d’autorisation a été déposée depuis 15 jours. «Pourquoi attendre jusqu’à 48 heures de la date de la tenue du CC et après l’arrivée des membres venus de l’étranger et du Sud, pour nous répondre ?», s’est-il demandé ironiquement. « (…) Le président du parti a engagé des consultations avec des membres de cette instance (CC). Le bureau politique se réunira en session extraordinaire, le 3 mars prochain, pour prendre une décision sur la position du parti vis-à-vis de l’élection présidentielle, sur la base des résultats de ces consultations», peut-on lire dans le communiqué. Ali Benflis, candidat malheureux à la présidentielle de 2014, maintient donc le suspense jusqu’à la dernière minute du délai légal de dépôt des dossiers. Cet incident est en quelque sorte en sa faveur, lui qui ne voulait pas se prononcer avant de savoir si oui ou non Abdelaziz Bouteflika est partant. Maintenant que ce dernier est candidat, en attendant son officialisation le 3 mars, Benflis prolonge le suspense, lui aussi. La vague de contestation qui se poursuit depuis le 22 février aura donné d’autres idées à l’ancien chef de gouvernement. Surfant sur les revendications populaires, Benflis joint sa voix à celle des manifestants. «Le BP considère que le pouvoir politique en place se doit de saisir toute la signification du message populaire du 22 février, de retirer la candidature du président malade et de mettre en place un mécanisme de changement pacifique», a, sur ce, suggéré hier Talaie El Hourriyet. Ce changement passera par «la formation d’un gouvernement de personnalités indépendantes, dont la mission sera de prendre les mesures nécessaires pour établir une gouvernance efficiente et créer les conditions pour l’organisation d’élections permettant au peuple souverain de choisir librement ses représentants». Réitérant «son soutien» aux manifestations déclenchées depuis le 22 février, le parti de Benflis considère qu’elles sont «l’expression d’une crise politique qui ne peut être réglée que par des moyens politiques et non par le recours à la force». En réponse aux accusations des partis de l’Alliance présidentielle contre l’opposition, Talaie El Hourriyet dit rejeter «toutes les allégations (…) de vouloir déstabiliser le pays ». n