Le football est un sport qui se joue sur le rectangle vert mais la rue et les voyous sont devenus omniprésents ces dernières années. Inévitables alors deviennent les règlements de compte. C’est ce qui s’est passé mardi avec Cherif Mellal, président de la JS Kabylie, victime d’une descente d’un groupe qui l’a agressé au sein même du siège des « Canaris ». Une vingtaine de personnes étaient, à priori, venues venger de la non-qualification de l’avant-centre Ahmed Mesbahi recruté cet hiver mais qui n’a pas touché le moindre centime depuis décembre. Mais l’affaire semble plus compliquée qu’elle en a l’air et la victime n’a pas hésité à citer des noms importants qui seraient derrière cet acte vivement condamnable : Mustapha Berraf, patron du Comité Olymique algérien (COA), est pointé du doigt par Mellal.

Par Mohamed Touileb
« Je ne vais pas me taire. J’ai été victime d’une agression en plein exercice de mes fonctions de président et à l’intérieur du siège du club. Des membres de la JSK ont aussi été victimes de l’agression et le siège a été saccagé. Les auteurs sont connus, les services ont fait le constat et j’exige à ce que les coupables soient jugés devant le tribunal », a averti Cherif Mellal qui veut aller au bout de cette affaire qui représente un fait inédit dans les annales du football algérien.
Et pourtant, tout semblait aller pour le mieux en début de semaine dans la maison des « Lions du Djurdjura ». Lancement du projet du centre de formation dimanche par l’homme d’affaire Issad Rabrab et annonce d’un éventuel partenariat avec l’Olympique Marseille pour le volet formation, les supporters de la formation de Tizi-Ouzou étaient contents. Mais voilà que deux jours plus tard, des sauvages décident de s’en prendre physiquement au personnel administratif de l’équipe kabyle. La cible principale était le chairman Mellal atteint par l’arme blanche à la tête et au visage.
Complotisme et élucubrations
Fort heureusement, l’intégrité physique des personnes touchées par cette attaque n’a pas été fortement endommagée. Pas de blessés dans un état critique mais des accusations graves de la part du boss tizi-ouzéen qui a laissé entendre que des personnalités importantes étaient derrière cette opération. Habitué aux déclarations sulfureuses, Mellal a signifié que Mustapfa Berraf, premier responsable du COA, ainsi que le businessman Mahieddine Tahkout ont chargé des bandits pour lui régler son compte. Une sortie pour le moins étonnante. Voire aberrante.
« Les agresseurs agissaient sous les ordres de Mustapha Berraf, il les a envoyés pour m’agresser » a déclaré le successeur de Mohand-Chérif Hannachi qui a ajouté que Berraf
« s’était rendu à Tizi Ouzou au cours de la semaine pour rencontrer les agresseurs» non sans citer Tahkout comme complice dans cette affaire. Des propos pour le moins irresponsables et qui interviennent dans un contexte délicat.
Le maître du board de la JSK dénonce clairement « un complot pour saboter le club.» Jusqu’à l’heure où l’on mettait sous presse, Berraf et le COA n’ont pas réagi.
Décidément, la réconciliation de la famille du foot et des sports, initiée par Le Buteur lors de la cérémonie du Ballon d’Or El-Heddaf, n’a offert qu’une trêve de courte durée pour le plus grand malheur du sport et ses vertus. En plus du sang, l’encre risque de couler après ses accusations à la portée non mesurée par leur auteur.<