Le dimanche 3 mars à minuit sera clôturée la période de dépôt des candidatures pour l’élection présidentielle du 18 avril prochain. Dans une conjoncture exacerbée par les récentes manifestations de rue et autres protestas, la procédure revêt déjà un caractère tendu. Habituellement, cette étape légale, qui devrait avoir un caractère normal à la veille du démarrage réel de la concurrence entre les différents candidats, prend aujourd’hui une allure toute singulière.
Les candidats déclarés par dizaines au début du lancement du processus ne se bousculent plus au portillon. Il est vrai que l’exigence des signatures aura joué comme un filtre particulièrement décourageant.
L’acte de dépôt devrait déjà, en attendant la validation du Conseil constitutionnel, donner un aperçu des différents acteurs qui seront à la compétition pour le poste de président de la République pour les cinq années prochaines. Ceux qui animeront une campagne électorale qui s’annonce pour le moins tendue. Ceux qui tenteront de séduire l’électeur quitte à dénigrer spontanément l’adversaire. En attendant, le regard se porte vers le Conseil constitutionnel. Le président candidat Abdelaziz Bouteflika a annoncé le dépôt de sa candidature pour le 3 mars. Chez l’opposition l’attentisme semble irrémédiablement de mise.
Seul le candidat du MSP Abderrazak Makri annonce le dépôt pour l’ultime jour. Les autres candidats et partis intéressés par le scrutin présidentiel continuent d’entretenir le flou en attente visiblement d’y voir un peu plus clair dans un paysage visiblement parasité par l’intervention imprévue de la rue. C’est probablement la première fois dans l’histoire de l’Algérie qu’une élection présidentielle se présente sous des contingences à la limite de l’électrique. En effet, il est aujourd’hui patent que ce vendredi 1er mars aura valeur de test pour les positionnements à venir des uns et des autres. De l’attitude de la rue dépendra la suite des événements, et la poursuite du processus électoral.