Au troisième jour du débat autour de la politique générale du gouvernement, les députés étaient partagés entre ceux qui saluent les réalisations du pays et ceux de l’opposition parlementaire qui ont dénoncé ce qu’ils ont appelé une transformation de la chambre basse du Parlement en une tribune de campagne. Les deux tendances convergent, cependant, à souhaiter que les manifestations de rue qui marquent la vie du pays depuis la semaine écoulée puissent garder leur caractère pacifique.
En effet, les formations politiques de l’opposition à l’image du MSP, FJD, FFS et PT, ont fait savoir qu’elles vont adhérer complètement à la marche de demain (vendredi) alors que les partis de l’Alliance mettent en garde contre tout dérapage ou toute « infiltration de forces occultes qui peuvent vouloir semer le chaos ».
Nacer Hamdadouche du MSP dénonce « les propos provocateurs des officiels tendant à semer la panique au sein des Algériens ». Ce dernier indique que le MSP « va prendre part à la marche de ce vendredi, mais chaque militant en son nom, et non pas au nom du mouvement auquel il appartient ». Il en est de même pour Lakhdar Benkhellaf, député du Front de la justice et du développement (FJD), qui écarte le fait qu’un parti politique puisse récupérer le mouvement, notamment face à la prise de conscience et la maturité politique constatées chez les manifestants.
« Le message est clair et les autorités compétentes ne devraient pas faire la sourde oreille à la revendication du peuple», ajoute M. Benkhellaf, qui prévoit que « les marches vont se poursuivre ». Pour le même député, « on assiste à des propos provocateurs et irresponsables », qui « attisent » le feu et qui vont « élargir » le spectre de la protestation. A cet effet, il appelle à répondre par la « positive » à la demande populaire.
Messaoud Amraoui, député de l’Union Ennahda, El-Adala et El-Bina, s’attend, pour sa part, à une « marche millionnaire », notamment devant l’implication de la communauté universitaire qui tend à reprendre son rôle de « leadership » dans les contestations politiques.
Le PT, qui va également prendre part à la marche de vendredi, qualifie, via son chef du groupe parlementaire Djelloul Djoudi, les marches de «saut qualitatif qui reflète un attachement pour une revendication démocrate ». Quant à Lamine Osmani, président du groupe parlementaire des indépendants, il privilégie «la stabilité » du pays avant tout.
Il est tout à fait normal que la communauté universitaire s’implique dans la vie politique». Le député indépendant, Nordine Ait Hammouda, qui craint que les « islamistes » ne s’impliquent dans le mouvement, appelle les forces de l’ordre à faire preuve de « professionnalisme», parce ce sont « nos enfants qui vont manifester», exprimant ainsi son souhait à ce que les manifestations se passent «sans dégâts ».