PAR AZIZ LATReCHE et Leïla ZAIMI
Les choses se sont accélérées sur le champ politique à quelques heures de la fin du délai de dépôt des dossiers de candidatures pour l’élection présidentielle. Des candidats ont ainsi procédé au dépôt de leur dossier au niveau du Conseil constitutionnel, alors que d’autres, à l’image de Makri et Ghediri, sont attendus aujourd’hui. Pour sa part, Ali Benflis va trancher sa position ce dimanche, alors que le président du MSP sera de la partie en dépit de l’évocation d’un éventuel renoncement à sa candidature.
Si le Parti des travailleurs (PT) a tranché hier pour le boycott de l’élection présidentielle, Talaie El Hourriyet d’Ali Benflis continue à faire durer le suspense qui ne saurait, cependant, excéder ce dimanche, dernier jour de dépôt des dossiers de candidatures.
Le MSP, qui a présenté, pourtant, le programme de son candidat Abderezzak Makri n’écarte pas la possibilité de renoncer à la course vers la Présidence. De son côté, le candidat indépendant, Ali Ghediri annonce qu’il déposera son dossier aujourd’hui. S’agissant du dossier de candidature de l’ancien chef de gouvernement, il pourrait être déposé à l’issue de la réunion du bureau politique du parti, aujourd’hui, pour trancher la question, avons-nous appris de cette formation politique. « Cette réunion se tiendra aujourd’hui au siège du parti pour trancher la question de la présidentielle. Si la décision de participation venait à être prise, le dépôt du dossier de candidature se fera le même jour », nous a déclaré, hier, le porte-parole du parti, Ahmed Adimi. « Nous avons récolté les signatures qui dépassent de loin le nombre exigé par la loi», ajoute le même responsable.
Du côté du Mouvement de la société pour la paix (MSP), le débat semble être plus que jamais relancé au vu des dernières évolutions du champ politique, notamment avec les manifestations de rue. Le parti a tenu hier une réunion de son Conseil consultatif pour débattre de la présidentielle alors que le chef du parti était attendu plutôt au siège du Conseil constitutionnel pour déposer son dossier. Joint par nos soins, le député du parti, Nacer Hamdadouche, par ailleurs membre de la direction du parti, a indiqué, hier, que «tous les scenarios restent envisageables par rapport à la question de la présidentielle, y compris l’option de boycotter ». Il s’agit là d’une situation aussi bien inédite que floue dans le sens où le parti s’est engagé dans la bataille et que son candidat a rendu public le contenu de son programme électoral. Auparavant, et dans une déclaration à l’issue des marches de vendredi, qu’il dit soutenir, le MSP a souligné que « le processus électoral doit être rectifié pour que la prochaine élection présidentielle, qu’elle se tienne dans les délais ou à une autre date, soit transparente pour conférer des perspectives d’avenir au pays ». Pour ce qui est de la candidature de Ali Ghediri, sa direction de campagne a indiqué, dans un communiqué, que le dossier de candidature sera déposé ce dimanche à 10 heures au Conseil constitutionnel. La même source a précisé que 120 000 signatures de citoyens et 217 signatures d’élus ont été collectées par le prétendant à la candidature à l’élection présidentielle, relevant qu’elles ont été collectées dans 47 wilayas, et le seuil des 1 500 signatures par wilaya a été dépassé dans 34 d’entre elles. Par ailleurs, le Front de la justice et du développement (FJD) a organisé hier une deuxième rencontre dans le cadre de son initiative portant sur la désignation d’une candidature commune de l’opposition. Mais l’ordre du jour de ce rendez-vous n’est plus le même, mais porte plutôt sur un débat autour de la situation du pays à la lumière des récentes manifestations de rue. Au cours de la rencontre d’hier, le chef du FJD a appelé les opposants à un cinquième mandat à avoir une position unanime vis-à-vis des marches populaires.
Cinq dépôts de dossier de candidatures
En attendant ce dimanche qui sera vraisemblablement animé au siège du Conseil constitutionnel, trois autres prétendants ont déposé leurs dossiers. Il s’agit de Abdelaziz Belaïd, président du Front El Moustaqbal, Mahfoud Adoul, président du parti El Nassr (la victoire), de Abdelkader Bengrina, chef du mouvement El Binna. Pour M. Belaïd, déjà candidat en 2014, son parti veut offrir au pays « une alternative», ajoutant que le FM « a pu avoir quelque 1 748 signatures d’élus et 115 000 signatures d’électeurs au niveau de toutes les wilayas du pays ainsi qu’à l’étranger ». Se prononçant sur les manifestations, il a déclaré que « Belaïd le citoyen a participé aux manifestations. Belaïd, le président du parti et candidat à la présidentielle préfère ne pas se prononcer et rester neutre ». Pour sa part, Mahfoud Adoul a mis en exergue les contraintes bureaucratiques qu’ont rencontrées ses partisans dans la collecte des signatures. « Nos militants ont subi des menaces. Ils étaient menacés de perdre leurs postes de travail », a-t-il dénoncé.
De son côté, le candidat à la candidature, Abdelkader Bengrina, n’a pas voulu s’exprimer après avoir déposé son dossier. Sans compter les deux prétendants qui avaient déposé leurs dossiers jeudi dernier, en l’occurrence Ali Zeghdoud et Abdelhakim Hamidi.<