Le groupe Daech vit-il ses dernières heures dans l’Est de la Syrie ? L’assaut final contre le dernier bastion djihadiste, retranché dans cette zone, a été lancé.

Le porte-parole des Forces démocratiques syriennes (FDS) engagées dans la lutte contre le groupe extrémiste estime qu’après « l’évacuation de milliers de civils détenus à Baghouz, l’opération de nettoyage de la dernière poche de Daech a commencé ». Cette offensive devrait aboutir sur l’extermination du groupe terroriste dont la majorité des éléments sont venus de l’extérieur de la Syrie, notamment des pays d’Europe. L’armée syrienne avait lancé son offensive contre les djihadistes en septembre 2018.
Les opérations avaient été suspendues il y a plus de deux semaines à cause de l’utilisation par le groupe Daech de « boucliers humains ». Plusieurs milliers de personnes, majoritairement femmes et enfants, ont quitté depuis une semaine cette poche, réduite à moins d’un kilomètre carré. En ce début mars, des dizaines de personnes ont encore été évacuées.
C’est la septième opération de ce genre depuis le 20 février 2019. Cette région de la Syrie devrait constituer une véritable zone de luttes stratégiques pour un certain nombre d’acteurs du terrain syrien. Selon le fameux Observatoire syrien des droits de l’Homme, basé à Coventry en Angleterre, 50 000 personnes ont quitté la zone depuis début décembre 2018. « Les personnes que nous avons évacuées aujourd’hui nous ont dit qu’il n’y avait pas de civils à l’intérieur et que ceux qui se trouvaient encore à l’intérieur ne voulaient pas partir », selon les FDS. Par ailleurs, les Forces démocratiques kurdes ont annoncé la libération de 24 de leurs combattants qui étaient détenus par Daech dans cette dernière enclave. Ces positionnements des groupes kurdes s’inscrivent dans l’objectif d’un renforcement dans la perspective de négociations avec Damas. En effet, la perspective d’une récupération du territoire par l’Etat syrien devenue inéluctable, après la décision du retrait américain, fait que les Kurdes sont obligés d’aller vers la négociation. Les extrémistes sont désormais retranchés dans la périphérie est du village de Baghouz, situé sur la rive orientale du fleuve Euphrate, non loin de la frontière irakienne.
Les ultras refusent de déposer les armes, contrairement à d’autres éléments qui se sont rendus ces dernières semaines dans le sillage des évacuations ou ont été démasqués alors qu’ils tentaient de se dissimuler parmi la foule passée au peigne fin. De son côté, le président américain Donald Trump a déjà évoqué, jeudi, une défaite totale de Daech en Syrie. « Nous venons juste de prendre le contrôle du califat en Syrie. Vous avez entendu dire qu’il s’agissait de 90%, 92%, maintenant, c’est 100% », a-t-il déclaré. Le président américain veut visiblement vendre un véritable revers en Syrie comme une victoire contre Daech.
Il est avéré que le groupe extrémiste a été fortement affaibli par l’intervention du Hezbollah dans l’ouest et les coups de boutoir de l’armée syrienne et de l’armée russe. Aujourd’hui, les médias occidentaux veulent suggérer que la victoire contre Daech est le fait de ses armées alliées sur place. Le porte-parole des FDS a refusé d’avancer un calendrier précis pour la fin de l’ultime opération, désormais en cours. « Ça prendra fin quand tout sera fini ». Jeudi, ils ont affirmé que la victoire serait annoncée « dans environ une semaine ». En tout, la tragédie en Syrie, déclenchée le 15 mars 2011 et rendue compliquée par l’intervention extérieure, aura fait plus de 360 000 morts et poussé des millions de personnes à l’exode. n