Des centaines de milliers de manifestants ont marché pacifiquement, hier, dans plusieurs villes algériennes.

A Annaba, une quinzaine de milliers de personnes ont manifesté dans une ambiance bon enfant demander au du président Abdelaziz Bouteflika de renoncer à déposer son dossier de candidature pour la magistrature suprême. Le mot d’ordre du deuxième acte de cette manifestation populaire était le pacifisme.
Les manifestants qui entonnaient des slogans anti-pouvoir n’ont pas manqué de rappeler le caractère pacifique de leur manifestation, à chaque fois qu’ils passaient devant l’un des nombreux dispositifs sécuritaires mis en place. «Armée et peuple sont frères», ou encore, «pacifique, pacifique», criaient-ils en arabe. A El Tarf, les habitants ont également adhéré au mot d’ordre. Les manifestants ont convergé vers la place publique qui se trouve à proximité du siège de la wilaya et à quelques mètres de la bibliothèque communale de la chahida «Belkacem Louisa». A Constantine, les mêmes slogans fusaient de partout, hostiles à un renouvellement de mandat pour le président sortant.
Ouyahia, le patron de la centrale syndicale Sidi Said ont eu aussi droit à des slogans hostiles. L’exception que l’on constate par rapport au vendredi dernier est la présence massive sur les lieux de plusieurs familles et de la gente féminine. Le nombre de manifestants a décuplé au point où les rues principales de la ville se sont révélées trop exiguës pour contenir les centaines de milliers de manifestants. Une marée humaine de plusieurs kilomètres qui a fini d’être dispersée dans la sérénité sans incident aucun. Une atmosphère pleine d’entrain a été également décrite à Oum El Bouaghi. Une foule compacte s’est rassemblée devant l’esplanade de la municipalité du chef-lieu de wilaya pour se diriger ensuite vers le siège de la wilaya. A Béchar, des centaines de manifestants ont également défilé. Après cette marche qui a duré une demi-heure, les manifestants se sont dispersés dans le calme, sans que des incident fâcheux ne soient enregistrés. A Sétif, plusieurs milliers de personnes, dont la majorité sont des jeunes et moins jeunes, ont pacifiquement manifesté. Ils se sont rassemblés devant le siège de la wilaya pour dire non à la candidature du chef de l’Etat.
Par ailleurs, plusieurs milliers de personnes ont aussi manifesté dans les grandes villes à l’instar de la deuxième agglomération de Sétif, à savoir la ville d’El-Eulma pour dire non à la continuité. La même ambiance a été constatée à Bord Bou Arréridj où des milliers de citoyens, avec une présence imposante de l’élément féminin, familles et gosses a été remarquée. La foule s’est séparée sans aucun incident malheureux ne soit déploré. Au centre du pays, à Béjaïa, des milliers de gens ont investi, hier, la rue pour demander un «changement pacifique du système politique». La marche s’est déroulée dans un climat de sérénité, à la lumière des actions organisées dans d’autres régions du pays. Aucun incident n’était à déplorer et contrairement à la manifestation du 22 février, la marche d’hier a drainé de nombreuses femmes et des enfants munis de l’emblème national et des banderoles portant des slogans hostiles au pouvoir.
Notons aussi la présence de plusieurs militants politiques, notamment du RCD, du FFS, du PT, du MDS, Jil Jadid… A Boumerdès, une forte mobilisation des citoyens a été constatée, tandis qu’à Tizi Ouzou, les manifestants ont massivement répondu au mot d’ordre : «changement et rupture avec le système en place». Hier, une vingtaine de milliers de marcheurs ont envahi les artères de la ville. Une procession compacte et mouvante de jeunes et de moins jeunes à laquelle se sont joint des femmes, quelques-unes accompagnées de leurs enfants a suivi un parcours de près de trois kilomètres, avec les mêmes slogans entonnés dans les autres wilayas.
A l’ouest du pays, à Sidi Bel Abbès, un millier de protestataires ont également manifesté.
La foule composée de jeunes et moins jeunes était partie du boulevard de la Macta vers la maison de la presse du quartier le Garden, pour ensuite marcher jusqu’au siège de la wilaya et à poursuivi sa marche vers les autres artères de la ville. Aucun incident n’a été signalé lors de la marche pacifique. A Oran, des milliers de personnes ont défilé sur un parcours allant de la place du 1er-Novembre jusqu’au siège de la wilaya scandant des demandes de changement. Au sud du pays, et sous un soleil de plomb, les habitants de Ghardaïa n’ont pas failli à l’appel de mobilisation. Après s’être égosillé pendant plus de 45 minutes avec slogans hostiles au système, les manifestants ont rejoint leur demeure dans la tranquillité et le calme.
Même cas de figure à Relizane, Tlemcen et Bordj Bou Arréridj où des milliers de personnes ont répondu à l’appel pour des marches pacifiques et sans heurts.n