Même si la confusion est totale au tour de ce contrôle antidopage, la décision a été prise par la commission de discipline de la Ligue de football professionnel (LFP). Bilel Naïli, désormais ex-sociétaire de l’USM El-Harrach, ne pourra pas fouler les pelouses pour une durée de 4 ans. L’ancien joueur de la JS Kabylie et du CR Belouizdad a été contrôlé positif à une substance prohibée de ses métabolites: Benzoylecgonine et Methylergonine (composants de la cocaïne). Estimant avoir été victime d’une injustice, il compte faire appel de cette décision afin de prouver son innocence.

Il a juré sur tous les toits que l’échantillon examiné n’est pas le sien. Qu’il n’a jamais passé le test et que la variante en question appartiendrait à une autre personne. Une version des faits que Bilel Naïli a maintenue. Non seulement dans ses interventions télévisées mais aussi lors de son audition face à la commission de discipline de la LFP. En vain.
Le procès-verbal (PV) de l’audience note qu’ « après avoir mis en confrontation le joueur concerné Naïli Bilel aux deux médecins de la sous-commission d’antidopage chargés du prélèvement de l’échantillon d’urine de ce joueur, les deux médecins chargée de prélèvement confirment que c’est la même personne qui se trouvait dans la salle du contrôle antidopage au stade El-Harrach en date du 26/01/2019 et qu’il a procédé à un prélèvement de l’échantillon de ces urines.» C’était après que le Harrachi a nié « fermement les faits signalés à son encontre, et déclare qu’il n’a passé aucun test de dopage, et que la signature mentionné sur le formulaire de prélèvement des urines en date du 26/01/2019 ne lui appartient pas et que cette signature est différente à celle mentionnée sur le formulaire de prélèvement lors du match contre l’USM Blida.»
Un vrai imbroglio que la LFP a tenté d’élucider en vérifiant le dossier du joueur dont elle dispose. «La commission a constaté que la signature figurant sur le contrat et sur l’avenant de joueur est identique à celle apposée sur le formulaire de prélèvement du joueur en date du 26/01/2019. La commission a exhibé au joueur concerné les trois 03 signatures figurant sur les trois documents cités», pouvait-on lire sur le PV. Une preuve formelle et des éléments suffisante pour le docteur Damerdji et la commission qui ont annoncé « la suspension du joueur Naïli Bilel né le 15/06/1986 a El-Harrach Licence n°686051001 de l’USMH pour une durée de 4 ans fermes de toutes compétitions ou activités sportives à compter du 20/02/2019 plus 200.000 DA d’amende.»
La Suisse pour se faire justice
La sentence vient ainsi de mettre un terme brusque à la carrière du milieu de terrain récupérateur. A 32 ans, Naïli devrait purger sa suspension à l’âge de 36 ans. Ce qui rend un retour sur les terrains improbable. S’il a assuré qu’il ne comptait pas rejouer quel que soit le verdict de la commission de discipline, l’ex-chababiste est déterminé à prouver que la variante déclarée positive à une substance interdite n’est pas la sienne : « je ne m’attendais pas à ce que la commission m’acquitte en considérant tout ce qui s’est passé depuis ce contrôle prétendu. Peut-être que la commission ne pouvait pas faire marche-arrière et assumer sa négligence », a-t-il réagi en indiquant qu’il va « aller en Suisse dès que j’obtiendrais le visa. Je partirai à Lausanne avec la certitude et l’espoir d’obtenir gain de cause. Je suis propre et je n’accepterai pas que mon nom soit sali de cette manière.»
Ce qui est sûr, c’est que dans le cas où le « coupable » sera gracié par le LAD (Laboratoire Suisse d’Analyse du Dopage) accrédité par l’Agence mondiale antidopage (AMA), la FAF devra dédommager le joueur sur les plans moral et matériel. Aussi, un éventuel acquittement donnerait un sérieux coup à la crédibilité d’une instance qui est déjà contesté sur le plan de la gestion. Le dossier Naïli n’est certainement pas définitivement classé… n