Vingt-huit pays africains prendront part à l’exposition «Héritages culturels immatériels d’Afrique», qu’abritera  dès le 5 mars prochain, le Palais de la culture, Moufdi-Zakaria d’Alger et ce durant les trois prochains mois, a annoncé, hier, Slimane Hachi, directeur du Centre régional à Alger pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel en Afrique, lors d’une conférence de presse animée au Musée des beaux-arts d’Alger. Il a également précisé, à l’occasion de cette rencontre avec les médias, que le vernissage de cette exposition coïncide avec la réunion de la première session de Conseil d’administration international du centre, placé sous l’égide de l’Unesco et qui sera installé le même jour.

Lors de cette conférence, Slimane Hachi a souligné qu’«aujourd’hui, 177 Etats ont ratifié la convention portant sur la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel de l’Unesco. Dès février 2004, l’Algérie a ratifié cette convention comme premier Etat au monde, ce qui est extraordinaire, car c’est un immense honneur pour nous de parler de cette convention». A propos des centres régionaux pour la Sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, il précisera que l’Unesco a créé sept centres dans le monde, en Chine, au Japon, en Corée du Sud, en Iran, en Bulgarie pour l’Europe et un autre au Pérou qui s’occupe de l’Amérique latine, en ajoutant que «le dernier-né de ces centres est le nôtre qui va s’occuper du continent africain». Slimane Hachi explique également que ce centre a été créé par un accord signé, en 2014, par le gouvernement algérien, représenté par l’ex-ministre de la Culture Khalida Toumi, et la Directrice générale de l’Unesco et a été ratifié par le président de la République en décembre 2015. Il déclare dans ce sillage que «depuis ce jour, nous mettons en place les instruments, l’administration, le siège et le programme de travail de ce centre ».
Renforcer les compétences des pays africains
Outre de servir les objectifs stratégiques de l’Unesco en faveur de l’Afrique, le Centre a pour principaux objectifs de renforcer les capacités et compétences des pays africains dans les domaines de l’identification, de l’inventaire, de la recherche scientifique, de la documentation, de la sauvegarde du patrimoine immatériel, de stimuler la coopération et les échanges d’experts et d’expertise entre les organes africains chargés du patrimoine immatériel, de faciliter les échanges entre les musées et les centres d’archives spécialisés en matière de patrimoine immatériel, de constituer des bases de données et de contribuer à une meilleure connaissance du patrimoine immatériel en Afrique. Dans le même contexte, M. Hachi expliquera que «ce centre est géré et administré par un conseil d’administration international, dont chaque pays du Continent a son représentant, à l’exemple de l’Afrique du Nord qui est représentée par la Tunisie, l’Afrique de l’Ouest par le Mali, et l’Afrique de l’Est par l’Éthiopie, l’Afrique centrale par le Cameroun et l’Afrique australe par la Namibie. Le conseil d’administration sera présidé par le ministre de la Culture Azzedine Mihoubi qui donnera le signal du lancement de ce centre le 5 mars prochain». Il précise à propos de l’ordre du jour de ce conseil d’administration, que «nous évoquerons les textes de création de ce centre et le programme de travail de ce dernier. Le point essentiel dont va parler ce conseil est la réunion annuelle des sept centres qui se déroulera cette année à Alger ». Il ajoute que le vernissage de la grande exposition sur le patrimoine culturel immatériel sera donné le même jour par le ministre de la Culture et la représentante de la Direction générale de l’Unesco Timothy Curtis, en présence du corps diplomatique accrédité à Alger. Vingt-huit Etats, dont l’Algérie, prendront part à cette exposition qui comportera les éléments du patrimoine culturel immatériel classé par l’Unesco. Ces derniers seront exposés sous forme de grand panneau photographique de quatre mètres sur deux.
Préparation d’un dossier pour classer Achewiq à l’Unesco
D’autre part, Slimane Hachi reviendra sur sept éléments culturels classés sur la liste du patrimoine immatériel dont dispose l’Algérie, en l’occurrence «l’Ahellil » du Gourara, le costume féminin nuptial de Tlemcen et de sa région, le « Rakb » des Ouled Sidi Cheikh, la « Sbeïba » de Djanet, le « Sbûu » de Timimoun, les mesureurs d’eau du Touat et, avec le Mali et le Niger, l’« Imzad » des femmes touarègue. Il précise également que les dossiers relatifs à la distillation de l’eau de fleur par les citadines de Constantine, le bijou en argent émaillé des Ath Yenni de Tizi-Ouzou sont bien engagés pour le classement sur cette liste. Il ajoutera que pour la catégorie chants populaires d’Algérie, le dossier de « Achewiq » est en cours de préparation et les prochains dossiers sont ceux du « Ayay » et le « Srawi ». Il rappelle également qu’« on est en train d’élaborer le dossier maghrébin, aux noms de l’Algérie, du Maroc, de la Mauritanie et de la Tunisie, relatif aux savoirs, aux savoir-faire et aux pratiques liées à la production et à la consommation du couscous». Pour rappel, la convention de la liste du patrimoine immatériel de l’humanité fait également obligation aux Etats d’identifier le patrimoine culturel immatériel présent sur leur territoire et d’engager les processus d’élaboration des inventaires régulièrement mis à jour. Les pays, selon leur législation, ouvrent de véritables chantiers de recherche scientifique, d’étude, d’identification et de formation sur ces héritages culturels. Dans ce cadre, l’Algérie, par exemple, en application de la loi de protection du patrimoine culturel, a créé par décret la banque nationale de données du patrimoine culturel immatériel aux fins d’identification et d’enregistrement des éléments du patrimoine immatériel. Au bout de ces processus, les pays disposeront de véritables contenus à même de constituer leur carte d’identité culturelle et pourront ainsi contribuer significativement à l’élaboration et au partage des legs culturels de l’Humanité.n