Le coup d’envoi du 17e Festival culturel national du film amazigh (FCNFA) a été donné, avant-hier, au Théâtre régional Kateb-Yacine de  Tizi Ouzou en présence du ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, et des autorités locales, ainsi que quelques personnalités du septième art.

Lors de la cérémonie d’ouverture, le commissaire du festival, Amar Tribèche, a affirmé que ce festival constitue «une fête du cinéma amazigh qui représente beaucoup pour les Algériens et les Amazigh où qu’ils se trouvent», et aussi «un espace de rencontres où s’échangent les expériences des uns et des autres». Il est à souligner que l’un des plus grands défis de cette édition est de trouver des œuvres cinématographiques de qualité surtout dans la catégorie long métrage.
Le commissaire de la manifestation avait récemment déclaré, dans nos colonnes, la difficulté de trouver des œuvres cinématographiques amazighes qui respectent les normes techniques et artistiques du septième art. Dans cet esprit, il avait soulevé la nécessité d’ouvrir la manifestation à des œuvres internationales afin, d’une part, rehausser la qualité des films projetés dans le cadre de la manifestation et, d’autre part, partager l’expérience des professionnels du cinéma de tous horizons avec les Algériens. Pour rappel, lors de l’édition précédente, le grand prix Olivier d’or du meilleur long-métrage a été annulé par le jury, et ce, pour la qualité jugée « médiocre » des films. Les membres du jury avaient ainsi souligné dans la liste de recommandations, la nécessité d’organiser des ateliers de formation dans les différentes aspects de la production d’une œuvre cinématographique afin de redonner au cinéma amazigh ses lettres de noblesses. Fort de ce constat, l’édition de cette année organise dans le cadre de ses activités un atelier de formation sur «l’écriture de scénario», dirigé par Malek Laggoun. Cet atelier sera axé sur les fondamentaux de la dramaturgie et la maîtrise de l’ensemble des règles et des procédés narratifs qui constituent l’écriture du scénario.
Hommage à Djamel Allam et Youcef Goucem
Cette première journée a été marquée par la projection, en hors compétition, du court métrage «Banc Public» du défunt Djamel Allam, auquel est dédiée cette édition. Un film produit en 2012 et qui a été lauréat de l’Olivier d’or dans sa catégorie lors de la 13e édition du FCNAFA. Cette 17e édition rend également hommage au réalisateur et producteur Youcef Goucem tragiquement décédé récemment.
Lors de son intervention, Salah Ouachek, producteur du film documentaire sur l’œuvre de Djamel Allam, réalisé par Toufik Ouanadi, a tenu à remercier les personnes ayant contribué à la réussite de ce film d’une durée de 26 minutes. « C’est une version courte, le film n’est pas encore terminé ». Quant aux conditions du déroulement de la réalisation de ce film, Ouachek a affirmé que ce film a été réalisé suite à la sollicitation de Amar Tribèche pour rendre un humble hommage à Djamel, lors de cette édition du FNCAFA. « Nous n’avons pas hésité une minute pour commencer le travail avec le réalisateur Toufik Ouanadi. D’ailleurs, la régie de cinéma a été mise en place et je tiens à remercier la famille du défunt qui a mis à notre disposition leur domicile familial pour tourner ce film. C’est un témoignage émouvant des membres de sa famille et des personnalités qui lui ont donné un coup de main durant toute sa carrière artistique». Il est à souligner qu’un groupe musical « Imiraf » venu de la wilaya de Béjaïa a interprété les chansons de Djamel Allam très appréciées par l’assistance, à leur tête le ministre et la directrice de la culture de la wilaya de Tizi Ouzou.
23 films en lice pour l’Olivier d’or
Par ailleurs, la compétition de l’édition 2019 du FCNFA a débuté, hier, avec la projection du long métrage de 114 mn « Isegmi n’tayri » (la renaissance de l’amour), de L. Medjnah, du documentaire de Nadia Zaouaoui, « l’islam de mon enfance » et de « Juba II », un film de restitution historique de Mokrane Aït Saada. Trois courts métrages sont également au programme de cette première journée, à citer « Ughaled » (reviens) (21mn) de Hafid Aït Braham, « Win Yarghan » (Celui qui brûle) (17mn), de Slimane Bouanani et « Aygher a dunit » (16mn) (pourquoi la vie) de Nabil Challal. Les organisateurs ont aussi prévu d’autres séances de projections au niveau des localités d’Aïn El Hammam, Azzazga, Draâ Ben Khedda et Tirmitine. Un clin d’œil est fait aux réalisateurs algériens connus comme Okacha Touita, Mohamed Ifticène dont les films sont au programme en hors compétition durant ce festival qui se terminera le lundi 4 mars. En marge des projections, les organisateurs ont prévu des conférences thématiques qui seront présentées notamment par Ali Mouzaoui, Ahmed Bedjaoui et Salim Aggar, qui interviendra sur «l’évolution du cinéma amazigh depuis son commencement ».
A noter que 23 productions, 4 longs métrages, 10 courts métrages, 6 films documentaires et 3 d’animation dans différentes variantes amazigh, kabyle, chaouie et mozabite, sont prévues en compétition pour l’Olivier d’or, la plus haute distinction de ce festival qui s’étalera jusqu’au 4 mars.
Le Théâtre de verdure opérationnel vers le mois de Ramadhan
Lors de son allocution d’ouverture, le ministre de la Culture s’est félicité de la tenue de cette 17e édition qui, selon lui, «consacre le dynamisme culturel», qui caractérise la wilaya de Tizi Ouzou, en annonçant à l’occasion, la disposition de son département à apporter toute l’aide et le soutien nécessaires pour la réussite de ces manifestations culturelles. «Nous avons décidé d’apporter davantage d’aide dans la mesure du possible aux différentes manifestations culturelles organisées ici à Tizi Ouzou, une ville qui respire la culture», dira-t-il, annonçant, dans le même sillage sa «décision de prendre en charge l’aménagement en moyens logistiques et techniques du théâtre de verdure pour être opérationnel vers le mois de Ramadhan », sachant que cet aménagement avait été évoqué par le ministre il y a déjà trois ans et à ce jour rien n’a été fait.<