La projection des films sélectionnés pour concourir et décrocher le sésame de l’Olivier d’or de la 17e édition du Festival national culturel du film amazigh se poursuit au niveau de la grande salle de la Maison de la culture Mouloud-Mammeri de Tizi-Ouzou. Après la projection du long métrage « Isegmi N’Tayri » de Lounès Medjnah, projeté vendredi, le public a découvert, dans la matinée d’hier, le film « Le choc » (tuqqit) de Karim Mouhalin qui raconte l’histoire d’un jeune universitaire qui a eu un accident en aidant son ami Toufik à faire monter des seaux de sable à l’aide d’une poulie. Le choc de seau plein de sable, qui lui tomba sur la tête, le mit dans un état comateux. Après une dizaine de jours, Youcef reprend connaissance, mais hélas, il a perdu la vue. D’une durée de 107 minutes, le réalisateur Karim Mouhali a traité l’histoire de ce jeune Youcef, étudiant en 3e année médecine, contraint de quitter ses études à cause de son handicap visuel, et de poursuivre ses études dans une école de non-voyants. Une lueur d’espoir est possible avec une intervention chirurgicale à haut risque, proposée par le professeur Raouf. Ce dernier a proposé aux parents de Youcef de signer une procuration parentale pour dégager toute responsabilité sur tout éventuel facteur de risque de cette opération, notamment la paralysie cervicale qui menace la vie de Youcef. Une proposition qui a été rejetée par les parents du jeune aveugle. Un jour, Youcef est en train d’attendre le transport scolaire pour rejoindre son école, à un arrêt de bus jouxtant la demeure d’un richissime propriétaire, Hadj Smah. Ce dernier l’agresse et le roue de coups avec sa canne, en accusant le jeune Youcef de lorgner sa fille, Nesrine. Après trois jours d’hospitalisation, Youcef retrouve la vue, c’est un vrai déclic. Le réalisateur veut mettre en avant dans son film que Youcef a perdu la vue suite à un choc (tuqqit) et l’a retrouvée suite aux coups de canne qu’il a subis du vieux Hadj Smah. Un heureux évènement pour la famille de Youcef qui voit leur fils unique reprendre ses capacités visuelles. En revanche, l’agresseur Hadj Smah, interpellé par les services de sécurité, a été présenté au Parquet, le juge a décidé d’une amende de 50 000 DA à l’encontre de l’agresseur. Youcef a pardonné à son agresseur en pleine audience et a refusé l’amende. Ce geste de générosité a incité le vieux richissime Hadj Smah à contacter le père de Youcef pour lui proposer que son fils épouse sa fille et veiller sur la dignité de sa famille. La proposition est acceptée par Youcef, et en attendant d’épouser Nesrine, il termine ses études de médecine. A la fin du film, malheureusement triste, le réalisateur a démontré que cette demande en mariage a fait des malheureux, notamment le jeune amoureux de Nesrine qui, pour se venger, donne une tannée à Youcef. Et Youcef a de nouveau perdu la vue. Cette fin n’a pas été digérée par le public qui a assisté à la projection de ce film. A cet effet, Karim Mouhali a rassuré que cette fin est la clé du début d’une deuxième partie de ce long métrage. « Le téléspectateur doit attendre la suite de ce film », a-t-il répondu. Tout en affirmant que ce film a été produit avec ses propres moyens, sans avoir recours aux subventions de quiconque. Dans l’après-midi d’hier, un autre long métrage d’une durée de 85mn, intitulé « Tamaccahut N’Selyuna » (histoire de Sylyouna), du réalisateur Aziz Chelmouni, a été projeté au niveau de la grande salle de la Maison de la culture Mouloud-Mammeri. Il traite l’histoire d’une jolie et sage princesse, Selyuna, qui s’est réfugiée dans une forêt pour fuir le serment de son frère, Mastene, de la prendre comme épouse après avoir découvert un cheveu châtain et incroyablement lisse dans une fontaine. Après plusieurs années d’absence de Syelyuna du domicile familial, la malédiction de cette belle jeune fille est tombée sur son frère Mastene qui eut le doigt coupé. Un os s’est implanté dans son pied et personne n’a pu le soigner. Selyuna, malheureuse, décida de revenir pour être à son chevet, mais à une seule condition que son frère se rétracte sur son serment. A la fin, le frère a su que le cheveu appartenait à sa sœur et le rituel musulman ne permet pas d’épouser sa sœur. Ce film met en exergue le respect des traditions rituelles et ancestrales en Kabylie. Lors de la séance-débat avec le public, l’assistance a salué le réalisateur et l’ensemble des acteurs ayant pris part à cette projection.n