Par AZIZ LATReCHE et INES DALI
Le Conseil constitutionnel a enregistré, jeudi, le dépôt de dossiers de candidature à la présidentielle d’avril prochain de deux postulants. Il s’agit d’Ali Zeghdoud, président du Rassemblement algérien (RA) et du candidat indépendant Abdelhakim Hamadi. Ali Zeghdoud est ainsi le premier à déposer son dossier au Conseil constitutionnel, à quelques jours de l’expiration du délai de dépôt de dossier de candidature, fixé au 3 mars à minuit.
Le postulant à la candidature à l’élection présidentielle, Abdelhakim Hamadi, a également déposé son dossier dans l’après-midi du même jour. M. Hamadi a déclaré à la presse, à sa sortie du siège du Conseil constitutionnel, avoir déjà postulé à la magistrature suprême à l’occasion de la présidentielle précédente, relevant qu’il est porteur, pour la présidentielle de 2019, d’un projet dénommé « Essalama Elwatania ».
Ledit projet est articulé autour de trois axes : politique, économique et social. A la fin de janvier dernier, ils étaient plus d’une centaine de candidats potentiels selon un bilan provisoire fourni par le ministère de l’Intérieur.
Parmi les présidents de parti politique qui ont retiré les imprimés de signatures pour postuler à la candidature à la présidentielle, Belaïd Abdelaziz du Front El-Moustakbel, Adoul Mahfoudh du Parti de la victoire nationale (PVN), Ali Benflis du parti Talaie El Hourriyet et Abderazzak Makri, du Mouvement de la société pour la paix (MSP). La déclaration de candidature à la présidence de la République doit satisfaire à certaines conditions prévues par la Constitution et la loi organique relative au régime électoral.
Outre un dossier administratif contenant les renseignements du postulant, ce dernier doit notamment présenter, soit une liste comportant aux moins 600 signatures individuelles de membres élus d’assemblées populaires communales, de wilaya ou parlementaire et réparties, au moins, à travers 25 wilayas, ou bien une liste comportant 60 000 signatures individuelles, au moins, de personnes inscrites sur une liste électorale.
Les conditions que les candidats doivent remplir
Les candidats à l’élection présidentielle du 18 avril prochain doivent satisfaire les conditions de fond et remplir les formalités prévues par la Constitution et la loi organique relative au régime électoral adoptée en 2016. Les prétendants à la magistrature suprême du pays doivent d’abord et avant tout jouir de la nationalité algérienne.
Le dossier à déposer à leur déclaration de candidature auprès du Conseil constitutionnel, au plus tard demain à minuit, doit donc comprendre l’ensemble des pièces attestant qu’ils sont de nationalité algérienne, à savoir une copie intégrale de l’acte de naissance de l’intéressé, un certificat de nationalité algérienne d’origine ainsi qu’une déclaration sur l’honneur attestant qu’il possède uniquement la nationalité algérienne d’origine et qu’il n’a jamais possédé une autre nationalité. Le conjoint du candidat à la candidature doit également jouir de la nationalité algérienne qu’il justifiera par un certificat de nationalité algérienne d’origine et par une déclaration sur l’honneur qu’il jouit uniquement de la nationalité algérienne. Il est également demandé un certificat de nationalité algérienne d’origine du père et de la mère de l’intéressé.
Une déclaration sur l’honneur attestant qu’il est de confession musulmane est également exigée, ainsi qu’un certificat médical délivré des médecins assermentés et un extrait du casier judiciaire n° 3. Le candidat à la candidature doit avoir vécu exclusivement en Algérie durant la dernière décennie. C’est pourquoi «une déclaration sur l’honneur attestant la résidence exclusive, en Algérie, pendant dix ans au moins, sans interruption, précédant immédiatement le dépôt de candidature de l’intéressé», est prévue dans la loi.
Outre une copie de la carte d’électeur, les candidats nés après 1949 doivent s’être acquittés de leur devoir du service national ou présenter une dispense. Le dossier de candidature devra comprendre une attestation de participation à la Révolution du 1er Novembre 1954 pour les candidats nés avant le 1er juillet 1942 et une attestation de non-implication des parents des candidats nés après le 1er juillet 1942 dans des actes hostiles à la Révolution. La loi exige, par ailleurs, que soit fournie par le candidat une déclaration publique sur son patrimoine mobilier et immobilier à intérieur et à l’extérieur du pays. La nécessité de respecter les fondements de la société algérienne est également de mise. Dans ce sens, il est exigé un engagement portant sur «la non-utilisation des composantes fondamentales de l’identité nationale dans sa triple dimension islamique, arabe et amazighe à des fins partisanes». Il doit aussi s’engager à œuvrer pour la consécration des principes de pacifisme et de la réconciliation nationale, à rejeter la violence comme moyen d’expression et/ou d’action politique et d’accès et/ou de maintien au pouvoir, et sa dénonciation, à respecter les libertés individuelles et collectives, à respecter les droits de l’homme et à refuser toute pratique féodale, régionaliste et népotique. Le candidat doit s’engager à œuvrer pour la consolidation de l’unité nationale, la préservation de la souveraineté nationale, l’attachement à la démocratie dans le respect des valeurs nationales. Il doit adhérer au pluralisme politique et s’engager à respecter l’alternance démocratique au pouvoir par la voie du libre choix du peuple, à préserver l’intégrité du territoire national, respecter les principes de la République. La loi souligne que le retrait du candidat n’est ni accepté ni pris en compte après la validation des candidatures par le Conseil constitutionnel, sauf en cas d’empêchement grave légalement constaté par le Conseil constitutionnel ou en cas de décès de l’intéressé. Dans ce cas, un nouveau délai, n’excédant pas un mois, est ouvert pour le dépôt d’une nouvelle candidature. En cas de décès ou empêchement grave d’un candidat après la validation de la liste des candidats par le Conseil constitutionnel et sa publication au Journal Officiel, la date du scrutin est reportée pour une durée maximale de 15 jours. La déclaration de candidature à la présidence de la République doit se faire par le biais d’une demande d’enregistrement auprès du Conseil constitutionnel, lequel devra statuer par décision dans un délai de 10 jours francs à compter de la date de dépôt de la déclaration de candidature.<