Dans son intervention devant les députés, le Premier ministre a évoqué la politique de subvention. Il a ainsi annoncé que son cabinet est sur le point de parachever le recensement social des citoyens nécessitant des subventions, détaillant que le ministère des Finances s’attelle, avec des organismes internationaux spécialisés, à l’examen de nouveaux dispositifs de soutien.

La subvention directe laissera inéluctablement place à des aides financières au profit de ceux qui en ont droit. Chaque citoyen bénéficiera de subventions en fonction de son revenu mensuel. Les subventions seront maintenues pour les démunies, les personnes à faibles revenus et même la classe moyenne. Les subventions directes par le Trésor s’élèvent à 300 milliards de dinars, alors que les subventions indirectes dépassent 2.600 milliards de dinars. Ahmed Ouyahia a par ailleurs apporté un démenti catégorique à « une quelconque décision de l’Etat d’annuler la gratuité des soins, qui demeure un principe sacré en Algérie ». Manière d’affirmer que les subventions sont toujours accordées dans le secteur de la santé. Les autorités publiques demeurent déterminées à adopter une politique sociale à même de garantir au citoyen algérien la plus large couverture sociale possible. La politique de subvention à partir des transferts sociaux et aides directes ou indirectes sera toujours consacrée aux catégories vulnérables, en allégeant l’impact négatif de la hausse progressive des prix sur ces catégories, à travers un programme d’indemnisation de la population affaiblie par les réformes escomptées. La production de pétrole et de gaz est la vache à lait du pays. Les recettes fiscales qui en sont issues sont redistribuées par le biais de dépenses budgétaires sur les salaires des fonctionnaires. Le problème est que de larges pans de la société n’en bénéficient pas assez, et du coup, ne pouvant supporter le coût de la vie. Et les autorités publiques le savent. Elles sont conscientes de l’importance du ciblage des subventions, qui doivent être destinées aux catégories démunies et nécessiteuses qui ont réellement besoin d’aides effectives. Elles étudient la possibilité d’alléger l’impact progressif de la hausse des prix sur ces catégories et de préserver leur pouvoir d’achat. Mais, beaucoup de temps avait été perdu avant qu’elles ne s’engagent dans un changement d’approche. C’est la crise, en fait, que vit le pays depuis 2014 qui les a poussées. Cette crise a fortement fragilisé les capacités de l’Etat d’accorder des subventions à tout le monde.
Près de 10 milliards de dollars au profit du secteur public
Les équilibres internes et externes ainsi que les finances publiques ont été mis à rude épreuve depuis le deuxième semestre 2014, avec l’incapacité d’assurer de larges subventions aux différentes catégories, sans distinction aucune. Cette crise a aussi servi à raviver le vieux débat sur les subventions. Tout le monde, ou presque, en parle. Les débats parlementaires autour du PLF 2019 ont du reste constitué une belle occasion pour évoquer le sujet. Des experts indépendants ont aussi proposé la révision de la politique de subvention au profit des catégories démunies et une plus grande maîtrise de la hausse des prix dans un contexte où les salaires stagnent, ce qui a induit un recul du pouvoir d’achat des citoyens. Il y a ainsi nécessité d’étudier méticuleusement la question des subventions sociales afin qu’elles soient orientées vers ceux qui sont dans le besoin, vers les nécessiteux, les vrais. Concernant la situation du secteur économique public, le Premier ministre a rappelé que les entreprises de ce secteur avaient bénéficié, depuis 2011, de crédits de réhabilitation s’élevant à
1 100 milliards de dinars, ce qui confirme, a-t-il dit, qu’elles ne sont nullement marginalisées par le gouvernement comme le prétendent certains. Le Complexe d’El Hadja (Annaba) a bénéficié, en 2018, d’un rééchelonnement de 122 milliards de dinars de dettes, en sus de crédits à long terme de l’ordre de 23 milliards de dinars accordés par le Fonds national d’investissement (FNI) en attendant la concrétisation effective du partenariat avec le groupe étranger. Le problème est que l’Etat a injecté énormément d’argent dans ce secteur pour l’assainir, mais les résultats de l’opération n’étaient pas forcément concluants. Et la plupart des entreprises publiques sont aujourd’hui en mal de trésorerie et de marché. Aussi, il y a urgence à agir en mettant en place une politique qui soit cohérente et mieux adaptée aux réalités économiques actuelles.
Cette politique devrait permettre de réorganiser les filières du secteur public, de sauver ce qui peut l’être et de contribuer à la diversification de l’économie. Aujourd’hui, l’économie nationale évolue autour d’un centre de gravité qui s’appelle le pétrole, ressource non renouvelable.<