Les manifestations de rue enregistrées depuis la semaine écoulée ont marqué une forte mobilisation à l’occasion des marches qui se sont déroulées hier à travers les quatre coins du pays.
La population s’est ainsi réappropriée l’espace public pour exprimer son désir pour une autre forme de gouvernance. L’opinion publique était dès lors au rendez-vous.
Ce qui peut constituer manifestement un motif de satisfaction, notamment au vu du caractère pacifique dans lequel se sont exprimés de nombreux Algériens, de différents âges et de diverses catégories sociales.
S’il est de tradition à appréhender le déroulement des manifestations de rue qui avaient tendance à déraper, ce n’est plus le cas, même si l’appréhension peut persister compte tenu du manque de direction pour les présentes manifestations.
Avec une mobilisation qui a atteint des niveaux importants pour des manifestations pacifiques et sereines, la société, que d’aucuns croyaient désencadrée et déstructurée, tend incontestablement à tordre le cou à des préjugés.
Des jugements accablent, à tort visiblement, de ne pouvoir s’exprimer que dans l’anarchie et le désordre. Ce que contredisent, implacablement, les manifestations de rue que connaît le pays depuis deux semaines.
La vitalité de la société est bien visible, ce qui est bon signe. Mais les ressorts d’organisation dans le calme et la sérénité sont aussi au rendez-vous.
A ce niveau, il n’est point faux de parler de démenti dont la jeunesse serait le principal émetteur.
Il s’agit dès lors, pour les autorités publiques, d’apporter les réponses adéquates afin que cette jeunesse puisse croire en ses capacités et surtout en son destin dans son pays.
A l’heure d’une élection présidentielle qui repose plus d’une question sur l’avenir du pays, sa gestion et son fonctionnement, la jeunesse s’est imposée comme un acteur majeur de la vie publique du pays. En accomplissant cette tâche dans le calme et la paix, le pari semble réussi.