Alors que l’opération de dépôt des dossiers de déclaration de candidature à la présidentielle du 18 avril 2018 s’achève demain, les partis de l’opposition ayant annoncé leur participation à ces joutes électorales n’ont toujours pas effectué cette démarche.

A commencer par le Front El Moustakbal, dont le président Belaïd Abdelaziz a été le premier dans le camp de l’opposition à manifester sa participation au scrutin, alors que de son côté, le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrazak Makri, aurait décidé d’aller aujourd’hui au Conseil constitutionnel déposer son dossier, a-t-on appris auprès des responsables de cette formation islamiste. Pour rappel, M. Makri a choisi de faire cavalier seul pour le scrutin présidentiel en déclinant la proposition du Front de justice et de développement (FJD) pour une candidature commune de l’opposition. Plus, le président du MSP s’est distingué, le 20 février, par la présentation de son programme électoral qu’il a intitulé « Le rêve algérien », axé sur les questions de gouvernance politique et d’économie. Pour leur part, le Parti des travailleurs (PT) et Talaie El Houriet attendront chacun la position de son Comité central pour annoncer une participation ou non à l’élection présidentielle. Le PT le fera aujourd’hui, selon les déclarations faites hier par sa secrétaire générale Louisa Hanoune. Cette dernière a fait savoir, hier, à l’ouverture de la session ordinaire du CC du parti que cette instance « rendra sa décision en toute souveraineté demain (samedi) à l’issue des débats ». Elle a ajouté, par la même occasion, que son dossier de candidature est ficelé, précisant que la collecte des signatures a été « extrêmement difficile à cause de la fraude et des pratiques de l’administration qui a exercé une pression terrible sur les citoyens depuis l’annonce d’un cinquième mandat présidentiel ». Quant au président de Talaie El Houriet, Ali Benflis, il a déjà annoncé que sa position vis-à-vis du scrutin du 18 avril ne sera connue qu’à l’ultime jour de la période de dépôt des candidatures auprès du Conseil constitutionnel. Après l’annulation de la 7e session du Comité central de ce parti, qui devait se tenir mercredi dernier, M. Benflis a été chargé par son Bureau politique de consulter les membres du CC avant une réunion le 3 mars qui permettra à Talaie El Houriet de se prononcer. Au-delà des raisons avancées par les partis de l’opposition concernant, soit un dépôt de candidature, soit une participation ou non à la présidentielle, les calculs de ces derniers ont sans doute été chamboulés par les événements qui marquent l’actualité nationale de ces derniers jours. Le vent de la contestation populaire, qui souffle sur le pays depuis le vendredi 22 février, semble, en effet, avoir imposé à ces formations politiques une réaction d’attentisme qui devait durer jusqu’à hier, second vendredi consécutif de manifestations populaires et pacifiques appelant au changement dont ces derniers pouvaient espérer quelques éclaircissements utiles en cette étape de processus électoral que personne ne voyait venir, il y a à peine quelques petits jours, aussi bien dans le camp de l’opposition que chez l’alliance présidentielle et ses relais ayant appelé à un cinquième mandat. C’est dire combien l’attentisme continue de dominer plusieurs partis qui prétendent à une participation au scrutin présidentiel. Du côté de l’initiative de la candidature commune de l’opposition, sous l’égide du FJD, la question reste aussi pendante jusqu’à la rencontre que compte d’organiser aujourd’hui le leader du parti.<