Dix-neuf personnes ont été tuées dans l’explosion d’un véhicule piégé jeudi soir suivie d’affrontements à l’arme automatique hier, vendredi, entre un commando d’islamistes
radicaux shebab et forces de sécurité à Mogadiscio.

Suivant un modus operandi désormais éprouvé, les shebab, qui ont revendiqué l’attaque, ont fait exploser un véhicule piégé avec l’aide d’un kamikaze à proximité d’un hôtel de la capitale, puis ont déployé un commando armé. Le commando s’est réfugié dans un restaurant adjacent à l’hôtel où ils ont tenu tête toute la matinée aux forces de sécurité qui tentaient de les neutraliser. Dans un communiqué publié vendredi matin, les shebab affirmaient avoir repoussé plusieurs assauts des forces de sécurité. Vendredi après-midi, plusieurs fortes détonations ont été entendues sur place, faisant dire à des sources sécuritaires que l’assaut final était en cours, près de 20 heures après le début de l’attaque. «Nous avons récupéré 14 cadavres supplémentaires sous les décombres d’immeubles effondrés, ce qui porte à 19 le nombre total de victimes», a déclaré à l’AFP le directeur du service d’ambulances Aamin, Abdikadir Abdirahman. Un précédent bilan de source sécuritaire faisait état de 10 victimes. Le même service d’ambulance avait dénombré vendredi matin une soixantaine de blessés. L’explosion a fortement endommagé le grand hôtel Maka Al-Mukarama, la cible revendiquée des shebab qui voulaient y tuer des officiels somaliens. «Il y a eu un attentat-suicide suivi de tirs, dans lesquels les combattants moudjahidine ont visé les commandants et les responsables du gouvernement somalien qui habitent l’hôtel», selon un communiqué du groupe affilié à Al-Qaïda.
Hôtels pris pour cibles
Des témoins de l’explosion ont décrit à l’AFP une scène de chaos dans cette rue de la capitale très fréquentée, y compris en début de soirée, quand les habitants ont fini le travail et profitent de la fraîcheur de la nuit tombée. «Toute la zone était en feu», a résumé à l’AFP Abdsamed Mohamed, en décrivant la scène peu après l’explosion. Plusieurs véhicules stationnés dans la rue ont pris feu. Abdullahi, un conducteur de tuk-tuk arrivé sur place peu après la détonation, a pour sa part confié sa frayeur : «Je jure devant Allah que je ne peux pas exprimer à quel point j’étais anxieux et choqué». Chassés de Mogadiscio en 2011, les shebab ont ensuite perdu l’essentiel de leurs bastions. Mais ils contrôlent toujours de vastes zones rurales d’où ils mènent des opérations de guérilla et des attentats-suicides y compris dans la capitale, contre des objectifs gouvernementaux, sécuritaires ou civils. Ils ont juré la perte du gouvernement somalien, soutenu par la communauté internationale et par les 20.000 hommes de la force de l’Union africaine en Somalie (Amisom). Les shebab mènent régulièrement des attaques d’envergure contre des hôtels de la capitale.
En novembre 2018, l’explosion de deux voitures piégées devant un hôtel déjà pris pour cible en 2015 avait fait au moins 40 morts. n