La salle des conférences de l’université M’Hamed-Bouguerra (ex-INH) a abrité durant deux jours (les 27 et 28 février), un colloque national sur le thème «l’économie informelle en Algérie : réalité et traitement». De nombreux professeurs et spécialistes y ont pris part pour débattre de ce sujet qui revêt une importance capitale pour l’économie du pays.

La définition de l’économie informelle, ses différentes formes, ses causes et ses effets, le rôle des institutions de l’Etat face à ce phénomène et la vision des opérateurs économiques envers le fléau ont été mis en exergue et explicités par les intervenants, qui ont fait des recommandations susceptibles de réduire l’impact négatif sur l’économie nationale.
Les intervenants ont convergé quant au constat sur l’ampleur de l’économie informelle, laquelle est pratiquée à grande échelle, aucun secteur n’échappe à ce fléau et toutes les transactions commerciales sont menées au grand jour.
Même la devise n’y échappe pas, elle est échangée devant tout le monde sans susciter de réaction des pouvoirs publics, outre le non-respect des lois en vigueur, tel est le diagnostic relevé par les spécialistes en la matière. Le chômage galopant, l’absence d’espaces réglementaires pour le négoce, le manque d’organisation en la matière, sont d’autres facteurs qui ont favorisé l’ampleur de l’économie informelle dans le pays, expliqueront les intervenants. Pour réduire ce phénomène, qui porte un coup dur à l’économie nationale, les intervenants suggèrent le recours à la numérisation et l’informatisation avec la prise de décisions politiques adéquates, en mettant en œuvre des procédures simplifiées pour normaliser le commerce. Dans le domaine de la lutte contre l’informel, le commandant Zouaoui Rabah, de la Dgsn, a révélé que les services de police ont traité 35 168 affaires et arrêté 12 657 personnes à l’échelle nationale, durant l’année 2018, pour diverses infractions liées à l’exercice illégale de l’activité commerciale. Une importante masse monétaire circule d’une manière informelle, qu’il est indispensable de récupérer pour l’intégrer dans le circuit légal, dira la Dr Dardar Nacira, plaidant pour une meilleure attractivité des banques, pour améliorer la bancarisation de l’économie, qui reste faible. L’application des lois en vigueur, la numérisation, l’organisation du commerce et la bonne gouvernance sont, entre autres, des recommandations formulées pour réduire le phénomène de l’informel qui ne cesse de prendre de l’ampleur causant un séreux préjudice à l’économie nationale.n