La journée d’aujourd’hui, dimanche 3 mars, marquera la fin d’une étape dans le processus entamé avec la convocation du corps électoral pour l’élection présidentielle du 18 avril prochain.

Depuis cette annonce, le 18 janvier dernier, le champ politique a évolué au rythme de l’élection présidentielle entre réunions organiques, déclarations aux médias et autres sorties sur le terrain. Les prétendants à la magistrature suprême qui auront déposé leurs dossiers au niveau du Conseil constitutionnel seront connus ce soir.
C’est, en effet, le dernier jour à minuit pour le dépôt des dossiers de candidatures pour le scrutin présidentiel devant le Conseil constitutionnel. Ce dernier a enregistré, jeudi dernier, les premiers postulants et, depuis hier, la candidature de Abdelaziz Belaïd, président du Front El Moustaqbal, qui était candidat à l’élection de 2014.
Il est l’un des premiers à avoir fait part de son intention de briguer le Palais d’El Mouradia et qui, après avoir marqué un moment d’hésitation évoquant un probable retrait de la compétition, a fini par se lancer dans la bataille. Le président du Parti de la victoire nationale (PVN), Adoul Mahfoud, a également déposé, hier, son dossier auprès du Conseil constitutionnel.
Avant d’en arriver à cette étape, la scène politique a été fortement animée par les sorties publiques et autres déclarations des potentiels prétendants à la magistrature suprême. Il va sans dire que bien des prétendants avaient fait état de leur intention de briguer le poste de chef de l’Etat bien avant que le processus ne soit enclenché. Pour eux, la question avait été tranchée bien avant l’échéance. Par contre, une autre catégorie a préféré temporiser avant de prendre une décision finale. C’est le cas notamment du Parti des travailleurs (PT) et de Talaïe El Hourriyet de Ali Benflis qui ont maintenu le suspense jusqu’à l’ultime moment.
Le Parti de Louisa Hanoune n’a tranché sa position que depuis hier à l’issue d’une session extraordinaire de son Comité central en optant pour sa non-participation, tandis que le Bureau politique du parti Talaïe El Hourriyet de Ali Benflis tiendra aujourd’hui une réunion sur délégation du comité central pour prendre une décision définitive.
Le parti compte déposer aujourd’hui dans l’après-midi, le dossier de candidature de son leader Ali Benflis dans le cas où les membres du Bureau politique trancheraient pour une participation.
D’autres formations politiques, en revanche, n’ont pas mis beaucoup de temps pour faire leur choix. En effet, le Front des forces socialistes (FFS) a opté pour un boycott actif de la consultation alors que le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) a préféré, lui, rejeter le scrutin présidentiel d’avril prochain. D’autres partis politiques se sont par ailleurs lancés, sur proposition du Front de la justice et du développement (FJD), dans une initiative visant à désigner un seul candidat de l’opposition. Et après avoir tenu une série de rencontres bilatérales avec des formations politiques et autres personnalités nationales, le FJD a organisé le 20 février dernier un mini-sommet de l’opposition qui peine manifestement à aboutir aux résultats attendus par les initiateurs de l’idée. Si le leader islamiste, Abdallah Djaballah, a pu réunir une partie du personnel politique du pays, notamment Abderezzak Makri et Ali Benflis, son offre politique n’a pas été bien accueillie par d’autres formations de l’opposition, dont le FFS, le RCD et le PT.
Accélération des événements
Ces trois partis ont clairement tourné le dos à l’initiative de Djaballah. Pour sa part, le candidat libre Ali Ghediri est resté extrêmement discret depuis plusieurs semaines. Contactée samedi par l’AFP, son équipe de campagne n’a pas souhaité indiquer si et quand le général à la retraite Ghediri déposera sa candidature, mais finalement le staff a indiqué dans un comuuniqué en fin de journée que le candidat déposera son dossier aujourd’hui à 10h.
L’homme d’affaires Rachid Nekkaz, omniprésent sur les réseaux sociaux et qui draine des foules de jeunes enthousiastes, semble ne pas remplir les conditions d’éligibilité. Il affirme avoir renié sa nationalité française, mais la loi électorale prévoit qu’un candidat ne doit jamais «avoir possédé une autre nationalité» qu’algérienne. S’agissant de la candidature du président sortant, elle a été annoncée le 10 février dernier au lendemain du meeting organisé à la Coupole du complexe olympique Mohamed-Boudiaf. Le message de candidature de Abdelaziz Bouteflika a été accompagné par une offre politique évoquant une conférence nationale qui réunirait tous les acteurs politiques y compris l’opposition pour aboutir à une série de réformes profondes. S’en est suivie la désignation de Abdelmalek Sellal comme directeur de campagne du président sortant.
L’ancien Premier ministre a sitôt entamé son travail de sensibilisation en installant son staff de campagne et en se rendant chez plusieurs organisations dont l’ONM, l’Ugta, l’Unfa. Hier, ce denier a été remplacé par Abdelghani Zaâlane à la direction de campagne. Par ailleurs, le champ politique a été marqué ces deux dernières semaines par une mobilisation populaire, à travers des marches, contre l’option de la continuité et un cinquième mandat pour le président sortant. Cette position de rejet s’est traduite par deux vendredis consécutifs de manifestations de rue. Entre les deux journées, ce sont d’autres catégories de la société, étudiants et avocats notamment, qui ont battu le pavé pour faire entendre leur voix.
Et cette mobilisation semble avoir été prise en compte par les partis politiques et autres prétendants qui attendent, depuis, une réaction des pouvoirs publics.n