M. Abdelaziz Bouteflika a procédé hier au changement de son directeur de campagne Abdelmalek Sellal par Abdelghani Zaâlane, actuellement ministre des Transports, a annoncé sa direction de campagne, citée par l’Agence Presse Service.

Un changement à forte charge de surprise, sachant que M. Sellal a été choisi pour conduire la campagne pour le cinquième mandat de Bouteflika en reconnaissance de son expérience acquise en la matière après avoir dirigé les campagnes du même candidat en 2004, 2009 et 2014. En plus de cette expérience acquise dans la gestion d’une campagne électorale, sans doute plus que nécessaire en cette période où la rue gronde pour exiger le changement, Abdelmalek Sellal peut se prévaloir de jouir d’une relation privilégiée avec le chef de l’Etat, sur fond d’une confiance jugée intacte et qui ne souffrait d’aucune remise en cause, tellement le désormais ex-directeur de campagne de Bouteflika se plaisait à le rappeler.
C’est d’ailleurs ce qu’il avait fait dès sa nomination officielle à son poste, le 10 février dernier, en clamant sa «fidélité» au président de la République, avant d’entamer rapidement la précampagne pour un cinquième mandat, en multipliant les interventions publiques dont la toute dernière a été la rencontre mardi dernier avec les représentants de la société civile à l’hôtel El-Ryad de Sidi Fredj, et qui l’a vu annoncer le dépôt de la candidature de Bouteflika au Conseil constitutionnel pour ce 3 mars. Parallèlement, M. Sellal avait saisi cette occasion pour répliquer aux manifestations du vendredi 22 février et appeler à la mobilisation des troupes pour le scrutin du 18 avril sur fond d’une détermination à résister à la pression de la contestation populaire.
Une détermination toutefois générée par l’assurance que « les prochains jours seront calmes », avait-il aussi prédit au lendemain du 22 février, au sortir d’une rencontre avec des des chouyoukh de zaouïas à Adrar. Sauf que le calme sur lequel avait misé l’ex-chef de gouvernement n’a pas été au rendez-vous des jours qui ont suivi les marches du 22 février, marqués par des manifestations de rue quotidiennes et que le vendredi 1er mars est venu ponctuer par une démonstration à plusieurs centaines de milliers de citoyens descendus dans la rue scander leur soif de changement dans un élan civique et pacifique à servir de mode d’emploi pour les manifestations de foules dans la rue. Reste à savoir si le changement opéré par le candidat Bouteflika à la direction de sa campagne électorale signifie un retrait de confiance pour M. Sellal ou une option tactique qui verrait ce dernier se redéployer dans un autre poste stratégique pour un cinquième mandat. Est-il utile de rappeler, dans cette logique, que depuis l’arrivée de Bouteflika à la présidence de la République, Abdelmalek Sellal a occupé pendant de nombreuses années le poste de Chef de gouvernement. Concernant son successeur, Abdelghani Zaâlane, il occupait avant sa nomination, hier, de directeur de campagne de Abdelaziz Bouteflika, la fonction de ministre des Travaux publics et des Transports. Diplômé de l’Ecole nationale d’administration (ENA), M. Zaâlane (55 ans) est également titulaire d’un magister en administration et développement. Il avait entamé sa carrière professionnelle en tant que cadre supérieur aux Collectivités locales (1990-1999) avant d’être promu secrétaire général de la wilaya de Tébessa (1999) puis de Batna (2004). En 2006, il a été élevé au rang de wali d’Oum El Bouaghi, puis de Béchar en 2010 et d’Oran en 2013.n