Les manifestations de rue qui ont eu lieu vendredi dernier à Alger, bien qu’elles se soient déroulées dans le calme et la sérénité, ont été émaillées d’incidents en fin de journée. Ainsi, on déplore, malheureusement, le décès suite à une crise cardiaque du professeur Hassen Benkhedda, fils du défunt Benyoucef Benkhedda, ex-Président du GPRA.

Réagissant aux incidents, le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, M. Bedoui a salué, «le professionnalisme des policiers dans leur gestion de ces manifestations». Il a également mis en exergue «le caractère pacifique et le comportement civique des citoyens lors de ces marches». Le ministre, qui s’est rendu au chevet des blessés admis à l’hôpital Mustapha Pacha, s’est dit attristé par les actes de violence et de vandalisme survenus en fin de journée, soulignant que «les lois de la République nous obligent à engager les procédures nécessaires pour protéger les biens et les citoyens». M. Bedoui s’est par la suite déplacé vers l’hôpital central de la Sûreté nationale d’Alger, où il a rendu visite aux policiers ainsi qu’aux citoyens admis dans cet hôpital.
A cette occasion, le ministre a présenté ses sincères condoléances à la famille de Hassen Benkheda, ordonnant qu’une autopsie soit faite pour déterminer les causes du décès, tel que le prévoit la loi et les procédures judiciaires.
Sur les circonstances du décès, son frère Salim Benkhedda raconte que «la marche s’est arrêtée au niveau de l’hôtel El Djazaïr, alors qu’elle se déroulait dans la sérénité les forces de l’ordre sont intervenues avec violence. Ce qui a créé un grand encombrement entre ceux qui montaient et ceux qui descendaient la rue », dira-t-il. En précisant que «ces faits ont coïncidé avec l’arrivée de nombreux «baltaguis» sur les lieux et à qui le terrain a été cédé pour qu’ils puissent voler et piller». Il faut souligner qu’à la fin de la marche, des jeunes se sont attaqués à des policiers par des jets de pierre et toutes sortes de projectiles au niveau de la place du 1er-Mai. La police a réagi en lançant des bombes de gaz lacrymogènes et en aspergeant la foule d’eau froide. La situation a vite dégénéré pour se transformer en émeute. Des jeunes se sont attaqués à la station de distribution de carburant qu’ils ont pillée. Les mêmes scènes d’émeutes ont été enregistrées près de l’hôtel El-Djazaïr, où des jeunes en furie se sont attaqués à des édifices publics et des biens privés. Une voiture et une agence bancaire ont été brûlées. A cela s’ajoutent d’autres scènes de pillage. Suite à ces affrontements avec la police, plusieurs centaines de personnes ont été blessées. D’ailleurs, à l’hôpital Mustapha Pacha, une liste de 89 blessés, dont 8 policiers, a été affichée. Du côté de la Direction générale de la Sûreté nationale, on indique que 56 agents de police et 7 jeunes manifestants ont été blessés lors de l’imposante marche d’Alger. Elle fait état également de dépassements qui ont causé des pertes matérielles.
Pour sa part, le ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a enregistré 183 blessés admis au niveau des différents établissements hospitaliers à travers le territoire lors des marches populaires.
Les victimes ont quitté les structures sanitaires, après avoir reçu les soins nécessaires, à l’exception de 5 cas placés sous surveillance médicale, dont un cas critique, a indiqué la même source.
La DGSN a annoncé avoir arrêté 45 personnes, dont 5 ayant volé un coffre-fort de l’hôtel El Djazair et brûlé un véhicule stationné dans son enceinte. Les forces de sécurité ont récupéré le coffre-fort, poursuit la même source. Le communiqué précise que «la majorité des personnes arrêtées étaient sous l’effet de psychotropes et de substances hallucinogènes ».n

Sept manifestants comparaîtront aujourd’hui devant le Tribunal de Sidi M’hamed
Sur les 41 personnes arrêtées lors de la première marche organisée à Alger, 7 ont été placées en détention provisoire à la prison d’El-Harrach, à l’issue de leur présentation devant le procureur de la République du Tribunal de Sidi M’hamed. Tous les autres manifestants arrêtés ont été relâchés. Les 7 accusés écroués seront jugés, aujourd’hui par le Tribunal de Sidi M’hamed. Selon l’avocat Amar Bouchareb, les 7 personnes en détention sont accusées d’attroupement, de troubles à l’ordre public et de dégradation de biens d’autrui. «Les 41 inculpés ont plaidé non coupable de tous les faits retenus contre eux. Les accusations sont liées, entre autres, aux troubles à l’ordre public ou aux actes de vandalisme», expliquera
M. Bouchareb.