L’offre de pétrole de l’Opep a considérablement chuté. En effet, les membres de l’Organisation n’ont pompé que 30,68 millions de barils par jour (bpj) en février, selon l’agence Reuters.

L’Opep n’a pas vu une telle  baisse depuis 2015. La plus forte réduction de l’offre est venue de l’Arabie saoudite, premier  producteur de pétrole de l’Opep, qui a réduit de 130 000 barils sa production journalière par rapport à janvier. L’offre saoudienne avait atteint un niveau record
(11 millions de barils par jour en novembre dernier), alors que Trump avait demandé à ce que le royaume pompe davantage de brut pour freiner la hausse des prix de l’or noir.
L’offre vénézuélienne a aussi fortement diminué, après que les Etats-Unis eurent imposé des sanctions contre la société pétrolière publique Pdvsa en janvier, ralentissant les exportations du pays. La production y est déjà en déclin depuis des années en raison de l’effondrement de l’économie. En février, les pays de l’Opep ont ainsi réalisé 101% de l’objectif de réduction de la production formalisée dans le cadre de l’accord signé début décembre 2018, contre 70% en janvier dernier. Le Venezuela et la Libye sont exemptés de l’accord.
La production en Libye a peu varié du fait des troubles qui ont bloqué le plus grand champ pétrolier du pays, El Sharara, pendant un mois.
Quant à l’Iran, il a réussi à relancer ses exportations malgré les sanctions imposées par les Etats-Unis. Le pays a connu une légère augmentation de ses exportations, certains de ses clients ayant relevé leurs achats après avoir bénéficié de dérogations aux dispositions relatives aux sanctions imposées par Washington. Après avoir rétabli des sanctions contre l’Iran en novembre 2018 à la suite de leur retrait de l’accord sur le nucléaire avec Téhéran, les Etats-Unis ont finalement accordé des exemptions à huit pays, dont la Chine et l’Inde, les autorisant à continuer d’importer du pétrole iranien. La date limite pour prolonger ou non ces exemptions est le 5 mai prochain.
Le Nigeria a réduit, lui, sa production mais son offre reste toujours élevée par rapport à l’objectif de l’accord en question, en raison de la mise en service du champ Egina de Total. Les petits producteurs africains, le Gabon et le Congo, pompent également plus de brut que les niveaux convenus. Le Koweït et les Emirats arabes unis avaient également procédé à des réductions plus importantes que prévu, tandis que l’Irak, qui était à la traîne en matière de conformité à l’accord, lors de la dernière série de réductions, a baissé son offre, les exportations du sud et du nord étant légèrement inférieures en février. En janvier dernier, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés dont la fédération de Russie, ont commencé à réduire leur production pour éviter une surabondance de l’offre susceptible de faire baisser les prix. Selon des sources de l’Opep, celle-ci va continuer dans cette voie, malgré la pression de Trump. « Nous nous en tenons au plan », a déclaré une source de l’Organisation pétrolière à propos du tweet de Trump. L’Opep, la Russie et d’autres pays non membres de l’organisation ont convenu de réduire l’offre de 1,2 million de barils par jour. La part de baisse de l’Opep est de 800 000 barils par jour. Le pétrole a atteint 66 dollars le baril après une chute sous la barre des 50 dollars en décembre, stimulé par une baisse de la production saoudienne, des restrictions involontaires dans d’autres pays de l’Opep et la perspective d’une réduction de l’offre du Venezuela après que Trump ait imposé des sanctions à son industrie pétrolière.<