Pendant que l’Opep tente d’adapter son offre aux engagements de réduction de la production, conclus le 7 décembre dernier, certains de ses alliés non-Opep pompent encore sans retenue, mettant à rude épreuve l’effort pour le rééquilibrage tant espéré du marché. C’est le cas de la Russie, plus grand partenaire non-Opep de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, dont la production n’a que peu baissé, alors que le pays devait la réduire de 228 000 barils par jour, conformément aux accords conclus le
7 décembre dernier à Vienne (Autriche), à l’issue de la réunion Opep-non Opep. La production de condensats de pétrole et de gaz en Russie durant les deux premiers mois de 2019 a augmenté de 3,7 % par rapport à la même période en 2018, avec un volume quotidien de 11,36 millions de barils, a annoncé, hier, l’Office russe central de répartition du complexe combustible et énergie. Selon la même source, la compagnie Rosneft a produit durant cette période 31,99 millions de tonnes de condensats de pétrole et de gaz, la compagnie Lukoil 13,36 millions de tonnes et Surgutneftgas 9,95 millions de tonnes. Les exportations de pétrole russe vers les pays non membres de la communauté des Etats indépendants (CEI) se sont élevées à 39,61 millions de tonnes, soit 5 % de plus qu’en 2018, a précisé l’Office, ajoutant que le volume des exportations quotidiennes a atteint 4,92 millions de barils de pétrole. Selon des données recueillies récemment par Bloomberg auprès de l’ensemble des producteurs Opep et non Opep, une faible conformité aux accords de limitation de l’offre a été constatée chez les pays non-Opep. Elle est liée en partie à la hausse de la production du Kazakhstan le mois dernier, mais aussi à la faible contribution de la Russie qui, faut-il le rappeler, a hérité le
7 décembre dernier de 60% des réductions non-Opep. La Russie a adhéré, en décembre 2018, à l’accord «OPEP» qui prévoit la réduction de la production des plus grandes puissances pétrolières. Le quota de réduction de la production de la Russie, conformément à l’accord précité, est de 228000 barils par semaine. A fin janvier, le pays de Vladimir Poutine n’a réduit sa production de pétrole que de 47 000 barils par jour en janvier par rapport à son niveau de référence d’octobre. Mais à l’issue des deux premiers mois de l’année, la production russe semble augmenter, si l’on se fie aux statistiques officielles du pays. Il y a quelques jours, le ministre russe de l’Energie, Alexander Novak, avait déclaré que la Russie respectait ses obligations conformément à son engagement de réduire progressivement sa production d’ici mai. Le rythme de réduction n’est pas suffisant. Et son homologue saoudien, Khalid Al-Falih, ne se gêne pas de le dire et juge que les réductions de la production russe sont plus faibles qu’attendu, même s’il reste certain que le pays pourrait en fin de compte contribuer à l’équilibrage du marché. L’offre des 14 membres actuels de l’Opep, engagés dans cette tentative de rééquilibrer le marché au moyen d’une réduction de la production, a chuté de 930 000 barils par jour le mois de janvier dernier, s’établissant à 31,02 millions de barils par jour en moyenne. La production de l’Arabie saoudite a baissé plus que prévu, contribuant à rehausser le taux d’adhésion des 25 producteurs à leur engagement du 7 décembre dernier. L’Opep ne doit pas perdre de vue le défi de la hausse de l’offre américaine qui, au-delà de la faible contribution des producteurs non-Opep, pourrait contrebalancer l’effort en faveur du rééquilibrage du marché. La semaine dernière, les dernières données du gouvernement US ont levé le voile sur un nouveau record de la production américaine qui caracole désormais à plus de 12 millions de barils par jour après avoir touché le seuil de 11,9 millions de barils en novembre.<