«Le peuple n’a mandaté aucune personnalité ni parti politique lors des marches pacifiques», a reconnu hier le président de Jil jadid et coordinateur du mouvement citoyen Mouwatana, Soufiane Djilali.
«Aucun slogan, affiche ou pancarte n’a fait état de la présence d’un parti politique ou d’un courant idéologique sur tous les lieux des manifestations, à Alger comme dans les autres régions du pays», a fait remarquer M. Djilali lors du forum de l’association Rassemblement action jeunesse (RAJ) dont il était l’invité. « Ceci représente un succès énorme », a-t-il ajouté. «Cependant, le changement ne peut s’opérer sans les partis politiques», a-t-il estimé. «Certes, la rue s’est exprimée devant l’opinion publique internationale, mais l’opposition devrait prendre le relais pour exiger du pouvoir en place de céder», expliquera le président de Jil Jadid. A ses yeux, «il est insensé de demander aux partis de se dissoudre ou de se retirer de la scène politique». « C’est le moment pour eux de gagner un espace pour s’exprimer et se parler pour aller vers un compromis », recommande Soufiane Djillali.
C’est de cette manière que «les partis de l’opposition pourront aller, dans les semaines à venir, négocier avec le régime en place, notamment pour des élections transparentes et crédibles», a poursuivi le conférencier, considérant qu’«il faut pousser le régime à faire des concessions pour un Etat de droit», car «si l’urne donne à qui que ce soit de la légitimité, on accepte son autorité, mais sans lui permettre de monopoliser le pouvoir», a-t-il averti.
L’invité de RAJ ne voit pas d’inconvénient à ce que les formations politiques, quelle que soit leur tendance, s’allient à la dynamique enclenchée par le peuple. «Que les Algériens continuent d’exprimer leur volonté de changement et les partis s’alignent et se mettent au diapason du peuple», lancera-t-il, avant de soutenir que «la rue n’a pas rejeté l’opposition, mais l’a plutôt mise au pied de mur pour nous mettre d’accord entre nous».
M. Djillali n’a, par ailleurs, pas manqué d’exprimer son étonnement de voir une manifestation encadrée, comme celle d’El Mouwatana, «réprimée». «Il n’y a pas eu de répression au mouvement spontané, hormis les tentatives de contenir les marées humaines, mais le mouvement El Mouwatana a été réprimé par des tirs de gaz lacrymogènes lancés directement sur les leaders du mouvement », a-t-il déploré.