La digitalisation des activités gazières et pétrolières s’impose pour l’Algérie. «Si d’importants progrès sont réalisés, il nous en reste beaucoup à faire dans bien des domaines comme l’imagerie du sous-sol, la maintenance préventive et l’optimisation des processus industriels et de gestion», a déclaré, hier, M. Mustapha Guitouni, ministre de l’Energie.

S’exprimant hier à l’ouverture d’un workshop dédié à la digitalisation dans le secteur des hydrocarbures, il souligne que la réussite de la numérisation nécessite, entre autres, son développement selon des plans et des normes maîtrisés, et l’intégration complète des risques liés aux attaques informatiques et à la sécurité des données. «Une numérisation réussie, notamment dans les cœurs de métier comme le sismique ou la modélisation de réservoir, nous aidera à atteindre les objectifs du secteur de l’énergie», citant l’augmentation des réserves récupérables au niveau des gisements en exploitation et l’optimisation des chaînes gazières et pétrolières ainsi que la réduction des coûts et la contribution à la protection de l’environnement». D’autre part, M. Guitouni relève que la numérisation va continuer et s’accélérer, précisant que les statistiques de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) indiquent que l’utilisation des technologies digitales existantes et émergentes pourrait augmenter les réserves mondiales techniquement récupérables de 3% pour le pétrole et de 15% pour le gaz non conventionnel. A propos de la réunion d’hier, le ministre a souligné que le workshop autour de la digitalisation dans le secteur des hydrocarbures s’inscrit dans le cadre des préparatifs de la tenue, aujourd’hui à Boumerdès, de la première réunion du Comité scientifique de l’Institut de recherche sur le gaz (GRI). Il trouve le choix du thème de la numérisation pour ce séminaire «judicieux», d’autant que la numérisation est en train de modifier profondément le paysage énergétique. Notons dans ce registre que le Forum des pays exportateurs de gaz (Gecf) a adopté à l’unanimité la décision de créer, en Algérie, l’Institut de recherche sur le gaz lors du 4e Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du Gecf, tenu le 24 novembre 2017 à Santa Cruz de la Sierra, en Bolivie. C’est à la 19e réunion ministérielle du Gecf, tenue le
4 octobre 2017 à Moscou, que la décision d’implanter le GRI en Algérie a été prise. Il a été également décidé de mandater le Conseil exécutif pour prendre toutes les mesures nécessaires à la mise en œuvre de cette décision et d’affecter 2,4 millions de dollars US du fonds de réserves du Gecf pour financer la période d’initiation de deux ans, à partir de 2018. Ledit Forum est actuellement composé de 12 pays, Algérie, Bolivie, Egypte, Guinée équatoriale, Iran, Libye, Nigeria, Qatar, Russie, Trinité-et-Tobago, Emirats arabes unis et le Venezuela, alors que l’Azerbaïdjan, l’Irak, le Kazakhstan, la Norvège, Oman, le Pérou et l’Angola ont le statut de membres observateurs
Pour sa part, le P-dg du groupe Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, a indiqué que le groupe travaille actuellement sur le déploiement d’une infrastructure HT (haute technologie) moderne avec la mise en place d’une application digitale, dont les effets seront mesurés au cours des prochaines années. Dans un message lu en son nom, le patron de Sonatrach note que l’industrie pétrolière et gazière est en retard par rapport aux autres secteurs industriels, ajoutant que la maturité technologique et organisationnelle de Sonatrach «nous a amené à lancer une transformation digitale graduelle». Pour sa part, Farid Ghezali, vice-président stratégie, planification et économie, a expliqué que la stratégie Sonatrach 2030 vise à placer le groupe pétrolier national parmi les cinq grandes compagnies pétrolières mondiales, en mettant l’accent sur l’amélioration de ses performances.<