Le chef de l’Etat Abdelaziz Bouteflika vient de rendre publique une lettre à travers laquelle il prend des engagements de candidat. Les promesses prises, à la lecture de la lettre, ne sont pas des moindres. Le candidat Bouteflika a fait le serment de se consacrer, s’il sera réélu, à la mise sur pied de mécanismes politiques dont la société aura besoin pour amorcer un changement en profondeur. « La tenue, juste après l’élection présidentielle, d’une conférence nationale inclusive et indépendante», «l’élaboration et l’adoption par référendum populaire d’une nouvelle Constitution qui consacrera la naissance de la Nouvelle République et du nouveau système algérien», «la mise en œuvre rapide de politiques publiques garantissant une redistribution des richesses nationales plus juste » (…) , « la prise de mesures concrètes pour faire de tous nos jeunes des acteurs et des bénéficiaires prioritaires dans la vie publique » (…), « la création d’un mécanisme indépendant d’organisation des élections » (…), «l’organisation d’une élection présidentielle anticipée ».
Les messages contenus dans la lettre ne peuvent être ignorés. Formulés par l’opposition, notamment à Mazafran, les engagements pris visent en premier lieu à asseoir un climat de confiance dans le pays et à apaiser les esprits. Il est incontestable que les autorités publiques qui adoptent la demande de l’opposition ne sont surtout pas à blâmer, mais à encourager. L’opposition bien décidée désormais à saisir cette opportunité pour accompagner le changement souhaité à travers cette brèche ouverte et cette conjoncture, où elle pourra s’imposer par ses idées et son programme. L’engagement du président-candidat est une occasion à saisir pour revoir les carences tant décriées et donner ainsi un nouveau souffle à des citoyens qui ne demandent, finalement, que plus de liberté, de démocratie et de justice. Un droit inaliénable que seul un débat pourra défendre, acquérir et institutionnaliser. En somme, ce geste d’apaisement est une victoire.